ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
A. l’OUSSON A I E. DESNOS
î. Desnos, J. PeUegrin, A. Ptm, H. Rieffel
OCTAVE DOIN ET FILS, ÉDITEURS
2ûtiS7
OCTAVE DOIN et FILS, ÉDITEURS
8, Place de l’Odéon, Paris 6e
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE 25637
D’UROLOGIE
ACHARD, Membre de l’Académie de Médecine, Professeur à la Faculté de Médecine, Médecin des Hôpitaux de Paris.
ALGLAVE (Paul), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chirur¬ gien des Hôpitaux de Paris.
AMBARD, ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
ANDRÉ (Paul), Professeur à la Faculté de Médecine de Nancy. ARCELIN, Chef du Service de Radiologie à l’Hôpital Saint-Joseph de Lyon.
ARNOZAN, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux. AUBARET, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux. BAZY (Pierre), ^ Membre de l'Académie de Médecine, Chirurgien des
BERNARD (Léon), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Médecin des Hôpitaux de Paris.
BQECKEL (André), Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Nancy. BRËCHOT, Prosecteur à la Faculté de Médecine de Paris.
BRIN (Henri), Professeur à l’École de Médecine d’Angers.
CARLES, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux. CARLIER (Victor), Professeur à la Faculté de Médecine de Lille, Chirur-
CASTAÏGNE (J.), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Médecin des Hôpitaux de Paris.
OCTAVE
, S, ÉDITEURS, 6,
L’QDÉON,
CHEVASSU (Maurice), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chi¬ rurgien des Hôpitaux de Paris.
COURTADE (Denis), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
DELBET (Paul), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital Necker.
DESCOMPS (Pierre), Professeur agrégé des Facultés de Médecine, Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
DESNOS (Ernest), ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Secrétaire géné¬ ral de l’Association Internationale d’ürologie.
DRUELLE, Chef de Clinique à l’Hôpital Saint-Louis.
ERTZBISCHOFF (Paul), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital Necker.
ESCAT (Jean), ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Chargé de cours à l’École de Médecine de Marseille.
ESTOR (Eugène), Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier.
FERRON (Michel), Aide de Clinique à la Faculté de Médecine de Bor-
FORGUE (Émile), Correspondant de l’Académie de Médecine, Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier.
GAUCHER (Ernest), Membre de l’Académie de Médecine, Professeur à la Faculté dé Médecine, Médecin des Hôpitaux de Paris.
GAUTHIER (Charles), ancien Chef de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Lyon.
GÈNOUVILLE (Louis), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital Necker.
GUYON (Félix), Membre de l’Institut et de l’Académie de Médecine, Pro¬ fesseur honoraire à la Faculté de Médecine, Chirurgien honoraire des Hôpitaux de Paris.
HARTMANN (Henri), Professeur à la Faculté de Médecine, Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
HEITZ-BOYER (Maurice), Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
HOGGE, Professeur à l’Université de Liège.
IMBERT (Léon), Professeur à l’École de Médecine de Marseille.
JANET (Jules), ancien Interne des Hôpitaux dè Paris.
JEANBRAU (Émile), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Montpellier.
LABAT, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
LE DANTEC, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
LEGUEU (Félix), Professeur à la Faculté de Médecine, Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
MALHERBE (Albert), Correspondant de l’Académie de Médecine, Direc¬ teur de l’École de Médecine de Nantes.
OCTAVE
N ET FILS, ÉDITEURS, 8,
MARION (Georges), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chirur¬ gien des Hôpitaux de Paris.
MICHON (Édouard), Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
MINET (Henri), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
NICAISÈ (Victor), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
NOGUÈS (Paul), ancien Interne des Hôpitaux de Paris. NOVÉ-JOSSERAND (Gabriel), Professeur agrégé à la Faculté de Méde¬ cine, Chirurgien des Hô p i taux de-Lyon.
ORAISON (Jean), ancien Chef de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
PAISSEAU, Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Paris.
PAPIN (Édouard), ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Chef de Cli¬ nique chirurgicale à l’Hôpital Necker,
PASQUEREA U (Xavier), Chirurgien suppléant des Hôpitaux de Nantes. PASTEAU (Octave), ancien Chef de Clinique chirurgicale à l’Hôpital Necker.
PAUGHET (Victor), Professeur à l’École de Médecine, Chirurgien des Hôpitaux d’Amiens.
PELLEGRIN (Jacques), Assistant au Muséum national d’Histoire naturelle.
POUSSON (Alfred), Correspondant de l’Académie de Médecine, Professeur à la Faculté de Médecine, Chirurgien des Hôpitaux de Bordeaux.
RAFIN (Maurice), Chirurgien de l’Hôpital Saint-Joseph de Lyon.
RIEFFEL (Henri), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chirur¬ gien des Hôpitaux de Paris.
ROCHET (Victor), Professeur à la Faculté de Médecine, Chirurgien en chef de l’Antiquaille, à Lyon.
ROUVILLOIS (Henri), Agrégé du Val-de-Grâce, Médecin major de I* classe de l’armée.
SABRAZÈS, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux.
SÉE (Marcel), ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
TEISSIER (Joseph), Professeur à la Faculté de Médecine de Lyon, Méde¬ cin des Hôpitaux, Correspondant national de l’Académie de Médecine.
TUFFIER (Théodore), Professeur agrégé à la Faculté de Médecine, Chirurgien des Hôpitaux de Paris.
VERHOOGEN (Jean), Agrégé de l’Université, Chirurgien des Hôpitaux de Bruxelles.
VIALLETON, Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier.
VVIDAL (Fernand), Membre de l’Académie de Médecine, Professeur à
OCTAVE DOIN
ET FILS. ÉDITEURS, 8, PLACE DE L’ODÉON, PARIS 6?
CONDITIONS DE PUBLICATION
L’ouvrage sera publié eu 6 volumes grand in-8° jésus de 900 à 1100 pages chacun, avec un grand nombre de figures originales tirées en noir et en couleurs dans le texte et environ 40 planches chromo-typo¬ graphiques tirées hors texte.
DIVISION DE L’OUVRAGE
Tome Premier. — Histoire de l’Urologie. — Embryologie, Anatomie et Physio¬ logie de l’appareil urinaire. — Généralités.
Tome Deuxième. — Maladies des reins.
•Tome Troisième. — Maladies des reins (fin). — Maladies des Uretères. — Mala¬ dies des capsules surrénales.
Tome Quatrième. - Maladies de la vessie.
Tome Cinquième. — Maladies de l’urètre.
Tome Sixième. — Maladies de la prostate. — Grands syndromes urinaires.
PRIX DE SOUSCRIPTION A L’OUVRAGE COMPLET
Volumes brochés . . 150 fr.
Volumes reliés . 170 fr.
A partir de l’apparition du 4e volume le prix de la souscription à l’ouvrage complet sera porté à :
Volumes brochés . 180 fr.
Volumes reliés . 200 fr.
L’ouvrage sera complètement paru dans le
courant
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
TOME PREMIER
: r:fi :'r .
A Monsieur le Professeur Félix GUYON
Cher Maître,
Nous vous prions d’agréer la dédicace de cet ouvrage comme un juste hommage ti votre immense labeur, créateur de T Urologie, et un respec¬ tueuse témoignage de gratitude des nombreuses générations formées à
Puissiez-vous reconnaître dans les chapitres de cette Encyclopédie, dont la plupart ont été rédigés par vos élèves, vos principes et votre méthode.
C’est dans cet espoir qu'au nom des collaborateurs de cette Œuvre ses directeurs vous offrent l'assurance de leur admiration pour votre vie scientifique si noblement remplie, et de leur reconnaissance pour les exemples de haute moralité professionnelle que vous leur avez donnés.
A. Poüssôn. E. Desnos.
AVANT-PROPOS
L’adaptation judicieuse des principes généraux de la physiologie normale et pathologique et des règles de la nosologie a vivifié de nos jours l’étude des affections de l’appareil urinaire, et l’emploi rationnel de procédés techniques, permettant de dépister les symp¬ tômes propres à conduire à leur diagnostic et de déterminer les condi¬ tions qui mettent en garde contre' les risques opératoires, a singu¬ lièrement favorisé l’essor de leur thérapeutique. Grâce aces progrès l’Urologie a pris définitivement rang au nombre des spécialités. .
Mais en acquérant ainsi son individualité cette branche de notre art ne saurait s’affranchir des liens qui .Punissent au tronc des sciences médicales. Les directeurs de cette Encyclopédie , en réu¬ nissant dans un même ouvrage l’ensemble de nos connaissances actuelles sur la pathologie urinaire, ont eu pour but de resserrer ces liens. Aussi ont-ils fait appel pour sa rédaction à tous ceux qui, dans les diverses branches de la biologie, ont dirigé leurs recherches vers la solution dés problèmes complexes que soulève la pathologie urinaire.
A mesure que se poursuit l’étude des maladies des grands appa¬ reils différenciés, leur solidarité avec l’ensemble de l’organisme s’affirme davantage : si l’on veut assurer ses progrès, il est néces¬ saire d’ouvrir des brèches dans la frontière qui s’élevait naguère entre la médecine et la chirurgie. Dans aucune autre spécialité plus qu’en urologie, les échanges réciproques, qui en résultent, ne parais¬ sent devoir porter plus de fruits.
Depuis quelques années s’est ouverte pour les affections des voies urinaires, comme elle l’avait été précédemment pour les affections
AVANT-PROPOS
des voies biliaires, du tube digestif et de plusieurs autres appareils organiques, l’ère des questions médico-chirurgicales. Afin de ne pas compromettre son développement, il convient que médecins et chi¬ rurgiens unissent leurs efforts pour discerner le moment où, la thé¬ rapeutique médicale ayant épuisé son action, le salut ne repose plus que sur l’opération.
L’utilité de leur collaboration ne se fait pas seulement sentir dans cette question nouvelle des indications et des contre-indications opératoires dans un certain nombre d’affections rénales jusqu’ici exclusivement tributaires de la médecine interne, elle s’étend à toute la pathologie des voies urinaires. L’état anatomique et fonctionnel des reins domine en effet le pronostic des maladies des divers segments de l’appareil urinaire et tient sous sa dépendance le résultat de toutes les interventions dirigées contre elles. Immenses sont donc les services que rendent aux chirurgiens les méthodes ima¬ ginées par les médecins pour mesurer le pouvoir dépurateur des reins. Les renseignements qu’elles fournissent n’ont pas seulement concouru à réduire au minimum les dangers des interventions sur les organes sécréteurs des urines ; ils ont encore étendu leur garantie à toutes celles que l’on pratique sur les organes excréteurs. C’est ainsi que grâce à elles l’extirpation des néoplasmes de la vessie, la taille et la lithotritie, la prostatectomie, pour ne parler que des opérations les plus importantes, ont vu leur mortalité s’abaisser dans des propor¬ tions considérables.
Bien d’autres questions que celles que nous venons de signaler réclament la mise en commun de nos efforts : telles sont les affections tuberculeuses, cancéreuses et syphilitiques des reins, la prophylaxie et le traitement médical des lithiases, les infections urinaires et leur sérothérapie, le rôle en pathologie de la sécrétion interne des reins.
La nécessité de l’alliance de la médecine et de la chirurgie, qui se manifeste dans la pratique des maladies des voies urinaires, apparaît encore plus impérieuse en ce qui concerne les progrès scientifiques de l’urologie. Pour assurer leur essor il est indispensable que tous ceux qui s’adonnent aux études biologiques y apportent une large con¬ tribution.
M. le professeur Gcyon a bien voulu écrire pour l’oeuvre que nous
présentons au publie la belle préface, dont nous recommandons la lecture à la méditation de tous ceux qui veulent se vouer à la pra¬ tique des spécialités. Nous lui adressons nos remerciements les plus respectueux pour cette marque de haute estime.
Nous inspirant de sa conception des spécialisations, nous nous sommes adressés pour remplir notre programme à ceux qui ont com¬ pris l’utilité « de longues préparations pour arriver à la formation intellectuelle et morale nécessaire » avant de s’occuper de la pratique de l’urologie. Les concours des compétences les plus qualifiées ne nous ont pas fait défaut. Le plus grand nombre de ceux qui ont bien voulu s’associer à notre œuvre appartiennent à l’école de Necker où, pendant près de quarante ans, se sont formés tant de générations sous la haute direction du professeur Güyon. L’empreinte de son impeccable méthode d’observation et de son admirable esprit cli¬ nique se retrouvera dans tous les articles de nos autres collabora¬ teurs, car ainsi que l’a proclamé si justement le professeur Israël dans son beau discours prononcé à l’inauguration du premier con¬ grès d’urologie, « qu’ils en aient conscience ou non, tous les urolo- gistes du monde entier sont ses élèves ».
Nous remercions tous ceux auxquels nous nous sommes adressés de l’empressement avec lequel ils ont mis à la réalisation de l’œuvre collective leur savoir et leurs loisirs de maîtres et. de praticiens occupés. Grèce à leur dévouement, cette Encyclopédie sera digne du pays des protagonistes les plus éminents de l’Urologie.
La partie matérielle ne nous a pas moins préoccupés que la rédac¬ tion scientifique. Pour assurer à cet ouvrage, qui comprend les arti¬ cles les plus divers, une homogénéité que l’on regrette de ne pas toujours trouver dans les publications de ce genre, nous avons demandé à leurs auteurs de se conformer dans leur exposition à un plan commun, de manière à en rendre plus agréable la lecture courante, et plus facile la recherché des renseignements qu’on désire y puiser. Nous avons attiré d’une façon spéciale leur attention sur la bibliographie, les priant de la donner rigoureusement exacte et complète, mais d’en éliminer les travaux de compilation dé¬ nués d’originalité, qui encombrent sans profit la littérature. Nous leur savons gré de la bonne grâce avec laquelle ils se sont pliés à cette discipline dans l’intérêt général.
tl avant-propos
En conformité des tendances actuelles si fécondes, qui poussent tous ceux qui écrivent à objectiver leurs pensées, nous avons donné une tr'es grande place aux planches et aux figures. Presque toutes sont originales et inédites, et le souci de concilier l’exactitude la plus scrupuleuse avec le caractère artistique a présidé à leur exécution .
En ce qui concerne ce point particulier, comme pour tout ce qui ressortit à la typographie et à tout cet ensemble de détails qui cons¬ titue l’art du livre, nous avons trouvé chez nos éditeurs, MM. 0. Dois ‘ et Fils, une largeur de vue et un désintéressement dont nous leur sommes reconnaissants.
leur nombre par le mouvement des idées, exigent une collabora-
Rassembler et présenter méthodiquement les connaissances acquises èur chaque question, est â l’heure actuelle, une des condi¬ tions essentielles du progrès; Cette étude d’ensemble était très dési1
une fois de plus nous mettre à même de tirer profit de leur savoir-, de leur grande expérience et de la sagesse de leurs vues.
Les collaborations médicales, chirurgicales et scientifiques qu’ils
assurer à l’Urologie le rang qu’elle doit, pour l’intérêt de tous, occu¬ per dans la pratique et dans la science.
Grâce à l'entente établie entre les directeurs, les collaborateurs et l’éditeur de l 'Encyclopédie française Æ Urologie, les lecteurs de ce grand ouvrage constateront dans chacun de ses six volumes, les caractères d’une œuvre bien conçue et soigneusement exécutée. Aussi bien au point de vue scientifique et pratique que dans la partie artistique et pour la typographie, tout a été prévu et rien n’a été négligé, afin que l 'Encyclopédie française <1 Urologie soit digne de notre pays et conforme à son esprit.
Le corps médical sera reconnaissant aux directeurs et aux auteurs d’avoir apporté tant de soins à l’étude d’une spécialité. Us recon¬ naissent en l’envisageant comme ils l’ont fait que : quel que soit l’objet de sa pratique personnelle, chacun de nous a l’obligation de trouver en lui-même et dans son savoir, ce qui permet de préserver des maladies et de guérir les malades.
C’est la haute et difficile mission que nous imposent les progrès modernes. Nous manquerions à notre devoir professionnel en ne nous préparant pas à la pouvoir remplir : en toutes circonstances, dans toute situation, et pour chacune des parties de la pratique à laqueUe nous nous destinons.
Nous devons aussi nous attacher à utiliser avec beaucoup de méthode, les moyens que les découvertes de la science et les con¬ quêtes de l’industrie mettent à notre disposition. Sous leur influence, l’action médico-chirurgicale se précise, s’élève et s’étend. Aussi bien dans l’investigation que pour le traitement, leurs précieux secours sont les garants des plus heureux résultats.
L’investigation médico-chirurgicale est, on le sait, la plus compli¬ quée de toutes. Claude Bernard le déclarait déjà en 1865 ‘. « Elle comprend, en effet, disait-il, tous les procédés qui sont propres aux recherches anatomiques, physiologiques et thérapeutiques, et, de plus, en se développant, elle emprunte à la physique et à la chimie une foule de moyens de recherches qui deviennent pour elle de précieux auxiliaires. «Ainsique dans l’investigation scientifique, où, <c chaque fois qu’un moyen nouveau et sûr d’analyse expérimentale
PRÉFACE
s’élèvera la connaissance de la pathogénie. Il est de plus en plus permis de s’étudier à atteindre la précision scientifique. Nous avons actuellement sous les yeux les résultats obtenus ; ils permettent de juger ce qui a été fait et dé se rendre compte de ce que nous avons le devoir de faire.
De nombreuses modifications dans le tràvaîr médico-chirurgical sont devenues nécessaires. L’on a bientôt admis que la localisation des efforts, aussi bien dans la recherche scientifique que dans l’action pratique, était, dans certaines limites, devenue indispensable. Le besoin s’en était à diverses reprises manifesté : dans le -passé; il importait qu’il fut désormais franchement accepté pour1 quelques parties de la médecine et de là chirurgie.
La renaissance dès spécialités médico- chirurgicales s’èst effec¬ tuée. Chacun sait aujourd’hui les grands résultats obtenus âùssi'hiën dans l’investigation que pour le traitement des malades et- ^instruc¬ tion des élèves'. Leur nécessité est pleinement affirmée; il n’en pouvait être autrement.
La division du travail est devenue une des conditions^dn progrès. Elle en permet l’extension, elle en favorise’ la 'continuité, mais ne saurait, par contre, suffire pour en assurer la stabilité. En' ce qui nous concerne, nous ne pouvons la réaliser qu’en nous laissant, èn toute occasion, toujours guider par la clinique.’ Nous devons cons¬ tamment obéir à sa direction pour la mise en usage des; multiples ressources dont nous disposons. Elle établit les conditions -qu’ exige leur succès dans là pratique dont elle est la gardienne. Son contrôle sans cesse renouvelé est notre garantie.
Élevés à son école, nous apprenons à connaître -le terrain sur lequel nous sommes appelés à agir. Nous constatons la complexité si grande des états morbides ; nous voyons l’influence qu’ils exercent sur les déterminations qu’il convient de prendre et sur les moda¬ lités de leur application. L’instruction et l’éducation que nous en recevons nous font comprendre : que la science des indications gouverne la pratique médico-chirurgicale. Elle la régit, en effet, dans chacun de ses actes.
Connaître les moyens et apprendre à nous en servir très habile¬ ment n’est pas et ne peut être le principal, à plus forte raison, le seul objectif de notre éducation professionnelle. II. faut savoir déter-
PRÉFACE
miner, avec toute l'exactitude possible : les conditions dans lesquelles il est opportun d’y avoir recours.
Le choix judicieux des moyens s’impose dans l’exercice de la médecine et de la chirurgie générales; il devient plus absolu pour les spécialités. On sait quels sont dans la plupart d’entre elles, le nom¬ bre et l’importance des moyens sans cesse utilisés, pour l’investigation et dans le traitement. C’est une de leurs raisons d’être. 11 faut donc que l’enseignement technique y soit très soigneusement développé.
Toutefois la solution des problèmes, soulevés par la maladie, ne dépend pas uniquement d’un bon instrument, de l’habileté de la main qui le conduit, du choix heureux d’un réactif approprié. La perfection prédite, à juste raison par Babinet, aux spécialistes né peut, pour les spécialistes de notre profession, être seulement la per¬ fection technique. En toute circonstance et quel que soit son degré, elle serait insuffisante.
La délimitation des terrains morbides n’est jamais absolue. Entre les lésions d’un organe et l’état de l’organisme, il y a souvent une solidarité étroite et les parties composantes d’un même appareil ne sont pas, dans nombre de cas, isolément atteintes. Le spécialiste ne doit pas seulement devenir capable d’exécuter avec habileté les ma¬ nœuvres nécessaires à l’établissement du diagnostic et à la mise en œuvre du traitement de l’organe malade. Il lui appartient de déter¬ miner les indications.
Aussi bien au point de vue professionnel qu’au point de vue scien¬ tifique, tout travail médico-chirurgical, quelles qu’en soient les limi¬ tes, la nature et l’objet, doit être de <t l’action clinique ». ::
Cette condition ne serait pas remplie si Ton n’acceptait l’absolue nécessité de Texamen de l’ensemble des renseignements fournis par le malade et la maladie, de chacun des indices dénonciateurs des états morbides, pour être guidé dans le choix et l’emploi des moyens grâce auxquels l’investigation et l’action médico-chirurgicales ont pris une place si grande et sont si manifestement utiles. Tout démontre qu’on ne saurait trop prendre l’habitude de s'inquiéter du choix des moyens et de l’opportunité de leur emploi. La réflexion y invite, mais les fautes parlent un langage impératif.
Il y aurait péril pour l'avenir des spécialités, si les spécialistes ne reconnaissaient (on Ta très judicieusement dit) « que la technique
PRÉFACE
infiniment précieuse, quant aux faits, peut avoir, quant aux idées, une dangereuse influence. »
Notre manière d’agir résulte de la situation qui nous est faite par le malade et par la maladie. Une bonne technique nous empêche d’être inhabiles, la clinique nous permet de ne pas être « mal avisés ». Quand on tient compte de ses enseignements, on se garde de ne pas mettre l’étude du malade en sa place. Elle a toujours le premier rang.
On décide alors, en connaissance de cause, ce qu’il est opportun de faire, l’on agit quand il faut et comme il faut. Grâce à l’étude méthodique du malade et du terrain dont la maladie a pris posses¬ sion, nous nous engageons dans le chemin qu’il convient de suivre avec toute chance de le parcourir en sécurité. Nous déduisons, en effet, de nos observations, les hypothèses que nous avons à vérifier. Une méthode directrice déterminant les conditions dans lesquelles les faits doivent être observés et interprétés pour réunir les qualités qui permettent de se faire un avis, avant de conclure, est indispensable. Elle nous met à même de recevoir des faits les leçons qui conduisent à l’expérience. On conçoit qu’elle puisse y faire arriver de bonne
Que les recherches à poursuivre après ces préliminaires devien¬ nent scientifiques, c’est-à-dire expérimentales, ou restent purement cliniques, nous sommes en possession du point de départ et des indi¬ cations nécessaires. Ces conditions primordiales ne pourraient être remplies, si l’enseignement et la pratique des spécialités, limités à un seul savoir, étaient détachés de l’ensemble.
Ceux d’entre nous qui veulent se consacrer à l’étude et à la pra¬ tique d’une seule partie de la pathologie ne peuvent « servir la cause des malades », s’ils ne sont pénétrés des idées et formés par la dis¬ cipline, qui ont fait entrer la médecine et la chirurgie générales dans la voie du progrès.
L’introduction de la méthode expérimentale, dans les sciences médicales, n’a pas ébranlé la clinique. Elle lui apporte les secours les plus efficaces et lui fournit le point d’appui le plus sùr en nous faisant prendre l’habitude de toujours rechercher et déterminer : le rapport rationnel qui existe nécessairement entre le phénomène observé et sa cause.
PRÉFACE
Il n’y a pas lutte entre la discipline expérimentale et la clinique ; il y a nécessité d’un accord. Les principes de la méthode expérimen¬ tale fournissent ses éléments indispensables ; mais il est nécessaire, dans leur application à la pratique médico-chirurgicale, de se plier aux circonstances. Cet art si délicat appartient à la clinique.
C’est dans cet accord que tous ceux qui se rouent à la pratique trouvent les conditions qui permettent de travailler patiemment et méthodiquement le champ qui nous est ouvert, afin de consolider peu à peu et d’étendre graduellement ce qui a été acquis par l’étude minutieuse et prolongée des phénomènes de la vie morbide.
Pénétrés de l’absolue nécessité d’une étroite et constante colla¬ boration de la science et de la clinique, ils contribueront à régula¬ riser et à coordonner les efforts qui assurent aux malades lés bien¬ faisantes réalisations qu’il nous est actuellement permis de poursuivre dans toutes les parties de la pratique médico-chirurgicale. Le spé¬ cialiste qui procède ainsi prend place parmi les plus utiles artisans du progrès.
La spécialisation médico-chirurgicale partagé toutes les respon¬ sabilités de la profession médicale. On ne peut s’y préparer, on ne peut s’y consacrer sans satisfaire aux mêmes exigences.
Le but n’est pas différent.
Les spécialistes, eux aussi, doivent, avant tout, être des clini-
Aucun d’eux ne saurait oublier que le clinicien est un homme dont le savoir est assez étendu et l’expérience assez longue pour avoir appris c à lire le malade, à reconnaître la maladie, à suivre son évolution, à la comprendre, à la traiter » et, le cas échéant, l’enseigner à ceux qu’il peut être appelé à instruire en les mettant en contact avec les malades.
Nous avons besoin, avant de commencer nos études profession¬ nelles et alors que nous les poursuivons, de longues préparations pour arriver à la formation intellectuelle et morale nécessaire. Ses agents essentiels sont une instruction étendue et une forte éducation. Il faut du temps pour les acquérir et se trouver à même de recevoir les enseignements de l’investigation clinique.
Il ne suffit pas, pour arriver à la pratique, de connaître chacune des parties de nos programmes d’étude. -Il faut acquérir la calme
PRÉFACE
possession de soi-même qui permet de toujours se surveiller, afin d’être constamment attentif. C’est l’indispensable garantie de tous nos actes professionnels.
Quel que soit notre rôle dans l’exercice de la profession médico- chirurgicale, nous ne pouvons le bien tenir qu’en nous soumettant pleinement aux conditions qui la régissent. Elles sont communes à toutes les professions studieuses.
Nos spécialités ne peuvent être considérées comme des profes¬ sions manuelles qui exigent un apprentissage plutôt que des études proprement dites. Elles aussi sont des professions studieuses. S’il en était autrement, ce n’est pas seulement leur avenir qui pourrait, comme il le fut naguère, être en jeu. Ce serait l’avenir de la profes¬ sion médico-chirurgicale sur lequel la spécialisation prend une très grande influence.
Il faut que les acquisitions qu’elles permettent de faire soient dues à l’accord et à l’étroite collaboration « de l’esprit scientifique et de l’esprit clinique ». La logique peut les opposer l’un à l’autre; ils ne sauraient se séparer dans la pratique qui trouvera dans leur concor¬ dance son meilleur point d’appui.
La parenté régulière qui rattache à ces deux esprits tout ce qui ressortit à la pratique et à l’enseignement médico-chirurgical doit être légitimement établie par ses origines. Plus que jamais nous sommes intéressés à ne pas laisser relâcher les liens de leur œuvre collective.
U importe surtout de né pas s’y exposer « en assignant prématu¬ rément un but restreint aux études médicales ». Si l’on veut trop tôt les limiter, l’élève pourrait être amené à négliger les parties de l’en¬ seignement médico-chirurgical qu’il jugerait inutiles. Il s’exposerait, dès les premiers pas, à l’amoindrissement de son savoir, à perdre l’habitude de l’effort; il préparerait ainsi la diminution de sa qua¬ lité professionnelle. Le danger des tendances qui mettraient en cause dans l’éducation médicale : la nécessité d’un savoir étendu et le besoin de s’utiliser tout entier, doit être; nettement dénoncé. 11 ne peut être méconnu.
Dans notre carrière, un enseignement purement utilitaire ne saurait convenir. Rien, du reste, ne nous impose immédiatement l’acquisition d’une technique spéciale. Mais nous ne pouvons songer
PBÉFiCE
trop tôt, ét continuer trop longtemps, à fortifier êt à élargir l’esprit.
Il nous est permis de penser et de dire que cette nécessité, de tout temps reconnue dans la profession médicale, s’impose actuelle¬ ment avec d’autant plus:de forceque nos progrès journaliers nous mettent en présence de questions non seulement plus nombreuses, plusdifficiles, plus importantes, mais surtout plus délicates. Auxleviei-s dont nous disposons, il convient de chercher des points d’appui sûrs.
Un esprit lentement et sérieusement enrichi nous sera toujours indispensable. C’est une de nos prérogatives. L’utilisation immédiate du savoir ne permettrait pas de la conserver. La maturité est, en effet, la condition de son emploi réfléchi et bien ordonné. Attendre trop longtemps, peut ne pas être sans inconvénients. Toutefois, il a été de tout temps constaté que l’enseignement et la pratique des spécialités peuvent bénéficier de la maturité de ceux qui s’y consacrent.
Ce n’est pas indifférent d’en faire la remarque, alors que s’affirme avec tant de vivacité une tendance fort accusée pour les spécialisa¬ tions hâtives. Assurément il est nécessaire d’être un parfait techni¬ cien, mais personne n’ignore qu’on peut le devenir sans le concours du nombre des années. Dans notre profession, il est indispensable d’être un véritable clinicien. Ce genre de valeur se fait beaucoup plus attendre.
Alors qu’il s’agit de la santé de l’homme, le principe de la divi¬ sion du travail ne peut être appliqué dans chacune des conditions qui permettent de l’adapter, si heureusement, à l’industrie. On sait, par exemple, qu’il donne entre autres avantages aux professions ouvrières la possibilité d’arriver au meillepr résultat avec le moindre effort. Cela est tout à fait légitime quand tout peut être mécanique¬ ment réglé et accompli, mais n’est pas de mise alors que l’on assume les responsabilités de la profession médicale.
Les lignes que je viens d’écrire reproduisent des pensées que j’âi bien souvent exprimées. A toutes les périodes de ma carrière il m’a paru que les difficultés, les hasards et les surprises de la pratique médico-chirurgicale, la nécessité de saisir l’occasion favorable, exi¬ geaient un savoir étendu et l’habitude d’actes réfléchis -toujours mé¬ thodiques et ordonnés. Ma croyance dans l’efficacité de pareilles garanties contre semblables réalités s’est encore affermie lorsque les circonstances m’ont conduit à la spécialisation. Je me suis efforcé de la faire partager. Cela explique mes répétitions persistantes et
PRÉFACE
m’excusera de redire, une dernière fois, ce que j’ai si longtemps enseigné et si souvent vérifié dans la pratique.
La pratique médico-chirurgicale a le droit de s’enorgueillir de tant de grands progrès accomplis et de beaucoup compter sur ceux qui se préparent ; elle ne peut pas laisser s’amoindrir l’autorité de la clinique. Ce n’est point à elle seule que nous devons confier notre avenir, mais il lui appartient de continuer à maintenir dans une indissoluble union tout ce qui a fait la force de l’action médico-chi¬ rurgicale française et assuré sa bienfaisante influence. L’étude jour¬ nalière des faits amène à conclure que son appui nous reste indis¬ pensable pour bien penser, pour agir régulièrement et1 pour que la division du travail médico-chirurgical n’aboutisse pas seulement à de bonnes formations techniques. Faites sous la direction de la clini¬ que, les préparations spéciales ne s’isoleront pas de la préparation générale ; elle empêche de s’en libérer.
F. Güyon.
ENCYCLOPÉDIE FRANÇAISE
D’UROLOGIE
PREMIÈRE PARTIE
HISTOIRE DE L’UROLOGIE
M. E. DESNOS
AVANT-PROPOS
Dès la plus haute antiquité, les affections de l’appareil urinaire ont attiré et retenu l’attention de ceux qui, à des titres divers, avaient pour mission de soulager et de guérir. Mais e’est à une époque récente que les notions progressivement acquises sur ce point ont servi de base à une
les urologistes de tous les temps, en retra leur fie, leur caractère, la physionomie^ <
plaçons ce tableau d’ensemble, comme un notre Encyclopédie.
deront que le côté exclusivement scientifique. C’est pourquoi nous nous étendrons parfois assez longuement sur les documents trouvés dans 1 anti¬ quité, mais notre historique sera d’autant plus sommaire que nous appro¬ cherons davantage de l’époque contemporaine.
Le grand nombre et l’étendue des recherches nécessaires pour ce travail nous ont amené à demander des conseils à plusieurs savants auprès de qui nous avons trouvé le concours le plus empressé. Qu’en tête de ces pages, il nous soit permis d’adresser l’hommage de notre gratitude à MM. Babelon, membre de l’Institut, le Dr Bené Bénard, Marcel Bouteron, bibliothécaire à la Bibliothèque de l’Institut, le D'.Bruni, professeur à la Faculté de Médecine de Kaples, Capart, professeur à l’Université de Liège, le Dr Capi- tan professeur au Collège de France, de Champorin, bibliothécaire a la Bibliothèque Nationale, Collin, fabricant d’instruments, Palmyr Cordier, médecin de la Marine à Hanoï, le D” Paul Delaunay, Dorveaux, bibliothé¬
caire de l’Ecole de pharmacie, Uieuiaîoy, memme ae i rusiiour, « xj xiuucu TTahn, bibliothécaire de la Eaculté de Médecine de Paris, le Dr Hamome, Kohler, bibliothécaire de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, Morel-Eatio, inembrè 'dé l’Institut, Sylvain Lévi, professeur au Collège de France, J. Matôüzeau, docteur ès lettres, Loret, professeur de l’Université de Lyon, le:Dr Meige, Maspero, membre de l’Institut, Pelliot, professeur au Collège de France, le-Br de Pezzer, Pottier, membre de l’Institut, le Dr Bouquette, de -Vieil, le IJr Saint-Cène, le D” Sedkÿ, médecin des hôpitaux du Caire, le professeur Seidèl, de Meissen, le Pr Shattoek, de Londres, Elliot Smith, professeur à l’Université de Manchester, Camille Vieillard, Louis Weill, a;«Té<»é de' l’Université, le Dr Wiekèrsheimer, bibliothécaire de l’Académie
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HINDOUS
conclusion est la suivante : toutes les maladies urinaires deviennent incura¬ bles avec le temps, à partir du moment où les urines ressemblent à du miel.
Bu gravier se produit quand le vent divise une pierre en petits fragments. Si le vent est favorable, le gravier sort avec l’urine ; sinon, il est retenu. Si des
14 L'UROLOGIE DANS L’ANTIQUITÉ CHEZ LES PEUPLES DE L’ORIENT et l’emploi d’un régime végétarien. L’exercice est recommandé ; il diffère suivant les classes. « Si le malade est riche, il recherchera la bataille, le jeu, les promenades à ebeval ou à éléphant, à pied, en char ; qu’il vive avec les anti¬ lopes et suive un bœuf. S’il est pauvre, sans amis, sans sandales, sans parasol, que, l’esprit au repos, il fasse cent milles à pied. S’il est brahmane, qu’il recherche sa nourriture dans les épis abandonnés, et que, courbé à terre, il creuse une caverne et pratique des macérations. »
Des rudiments de chirurgie urinaire se retrouvent dans Çaraka et plus tard dans Supruta. La description de Hessler ne laisse pas de doute sur l’existence des sondes : instrumenta Mmlata mu Uipliàter adMbenda : on les emploie contre la dilatation et les tuméfactions du ventre dues à l’urine.
TXne indication assez précise de l’infiltration d’urine nous est donnée : la tumeur du scrotum provenant de l’urine est traitée par la sudation ; si elle ne se résout pas, le chirurgien perfore le raphé à gauche, y introduit un tube perforé et retire l’urine, puis il place une ligature. S’agit-il d’une ponc¬ tion périnéale ou de l’incision d’un périnée infiltré ? Les injections étaient connues ; il en est parlé dans le traitement de la gonorrée.
Ailleurs, il est indiqué que les calculs de l’urètre doivent d’abord être trai¬ tés par des médicaments, mais Çaraka parle de l’extraction d’une pierre au moyen d’injections et d’un crochet.
Pour les calculs vésicaux, nous connaissons déjà la thérapeutique médi: cale ; mais elle échoue souvent et Suçruta conseille alors de recourir à la taille. Même avec un médecin expérimenté, l’opération est aléatoire. Aussi l’appelle-t-on le suprême remède. Si on la néglige, la mort est certaine, et même si on la pratique, le salut est douteux. C’est pourquoi le chirurgien consciencieux opérera sous l’invocation d’Isvara.
«Le malade étant oint, sans vice des humeurs, un peu amaigri, ayant leeoips peint et débarrassé des mauvais esprits, ayant sacrifié et obtenu des pré¬ sages favorables, ainsi qu’une bénédiction suivant le rituel des sacrifices précédemment indiqué, tout ce qui est nécessaire étant préparé, le médecin encouragera le malade ; puis si son patient est courageux et sans peur, il lui ordonnera d’abord de s’asseoir dans un bouclier sans saillie, puis de se ren¬ verser en relevant les hanches. Le patient rapprochera les genoux et les coudes, qu’on fixera avec des liens. Le médecin saisira alors le côté gauche de. l’ombilic, préalablement bien frotté d’huile, et il le pressera fortement avec le poing en descendant jusqu’à ce que le calcul soit tout en bas. Il s’en¬ duira d’huile les doigts et se coupera les ongles, et il introduira l’index et le médius gauches dans l’anus, en entrant suivant la suture ; puis il réduira prudemment, mais en y mettant de la force, l’espace entre l’anus et la verge ; il s’approchera de l’abdomen inférieur (la vessie) qui est indolore, de forme régulière, y portera ses deux doigts jusqu’à ce qu’il touche le calcul pour que celui-ci fasse saillie comme un nœud.
« Si le patient, quand on tient le calcul, s’évanouit et laisse pendre la tête, comme un mort, le médecin ne doit pas pratiquer l’extraction ; car, s’il la pratiquait, le patient mourrait nécessairement. Mais, si ees symptômes manquent, le médecin peut tenter l’extraction. »
S’écartant de la suture vers la gauche de l’étendue d’un grain d’orge, le médecin prendra un scalpel proportionné à la grosseur du calcul. Il peut
pénètre pour la rétention, la blennorragie, la cystite, la gravelle, la polyurie.
Ces opérations chirurgicales sont à peu près les seules que pratiquent les Chinois ; nulle part il n’est question non seulement d’une tentative de lithotomie, mais même d’un cathétérisme; néanmoins celui-ci est pratiqué, mais par des spécialistes non médecins, qui sont du reste méprisés des lettrés!
La médecine est libre en Chine et constitue une sorte de charge héréditaire. Dans la plupart des couvents bouddhistes, un vieux moine exerce la médecine et initie de jeunes bonzes. Ces lettrés étudient dans les livres anciens, mais se bornent à la théorie et à l’examen du pouls. A côté d’eux, les ambulants, les aventuriers vendent des remèdes et seuls exercent une chirurgie rudimen¬ taire. Mais, comme dans tout l’Orient, la catégorie de guérisseurs qui inspire le plus de confiance aux masses est celle des sorciers qui vivent de la supers¬ tition et dont les pratiques magiques révèlent parfois une certaine connais¬ sance de la médecine.
GTuddéens. — Bien que la civilisation ait été très développée chez les Chaldéens, il est difficile de trouver une indication sur ce qu’était la médecine chez eux. Hérodote prétend que la seule pratique médicale des Babyloniens consistait à exposer leurs malades sur la voie publique en invitant ceux qui avaient vu des maladies semblables à donner leur avis sur le traitement à appliquer. Il a sans doute accueilli cette fable à une époque où les traditions médicales étaient perdues, car le Bristish Muséum possède des fragments d’un syllabaire sumérien, sorte de dictionnaire de mots et de signes, qui mentionne les différentes parties du corps, les reins et la verge en particulier. D’après ce document, les médecins sumériens et babylo¬ niens auraient connu et interprété les différentes colorations de l’urine, blanche ou pure, noire, nuageuse, boueuse, sanglante. Hs seraient les précurseurs des Egyptiens, du moins d’après ce document qui remonte-
D’autres inscriptions cunéiformes prouvent l’existence de prêtres-médecins qui exerçaient un art de guérir rudimentaire, et se livraient surtout à des pra¬ tiques magiques ; nulle part ailleurs, les arts occultes n’ont eu un dévelop¬ pement plus grand qu’en Asie Mineure et leur influence s’exerce encore de nos jours.
Hébreux. —Il en fut de même des Hébreux dont les anciennes coutumes étaient imitées des Egyptiens y compris leurs grossières superstitions et même la pratique, rituelle plus qu’hygiénique, de la circoncision. Ce n’est qu’à une époque relativement récente, vers 550 avant notre ère, que le Thalmud reçut sa codification définitive; on y retrouve les principes de médecine et d’hygiène de la Bible avec ce qu’v ont ajouté les lévites, les rabbins et les
Figure dp- Traité (FAitàfÔmfcyCûmposé, pai£Mansoür ibn Ahmed; pour le prince timburïde Ziga' él; Hakk wa’l-Soultaneh wa’d ) Dounii wa’d Din, par Mohammed Béhadour \{nibliothèquejiationalè. — Manuscrits persans, n° '1555.)
MINEURE
En Turquie, l’hématurie, l’albuminurie et le catarre vésical, très fré¬ quents, résultent d’excès vénériens, des médicaments abortifs, antigonor- réiques, aphrodisiaques et des bains trop chauds. Par contre, on y trouve rarement les diabètes insipide ou sucré ; on a observé une hématurie mysté¬ rieuse et tenace, bien que bénigne, chez les pèlerins au retour de Kirkilah.
La blennorragie ne paraît pas commune ; elle est traitée par les moyens indiqués contre la- dysurie : en outre, les Persans, surtout les nomades, ont conservé l’abominable pratique des actes.de bestialité dans le but de faire cesser l’écoulement : le contact de l’â-nesse serait particulièrement efficace.
Les autres maladies urinaires sont rares et mal connues ; les rétrécisse¬ ments, l’hypertrophie prostatique ne se rencontrent pas souvent. Il est dif¬ ficile d’ailleurs de le savoir exactement, caries indigènes ne consultent guère les médecins étrangers, et même les Européens non-médecins que pour leur demander des recettes aphrodisiaques.
Notons enfin que l’urine est comptée par les interprètes de la loi divine des musulmans parmi les choses impures ; par exemple, quiconque a commis la maladresse de souiller ses mains ou ses vêtements en urinant, est chargé de faire une absolution rituelle, et il n’y a de plus grave injure pour un Osmanli que de lui dire : « Que les chiens pissent sur le tombeau d.e ton père » ! La même raison a fait naître la coutume de faire ses besoins naturels en s’ac¬ croupissant, soit en plein air, soit dans les étranges latrines en usage en Orient. Aussi les Persans détestent-ils les Européens, parce, qu’ils urinent debout et négligent ensuite de purifier leurs parties honteuses avec la main gauche (Seidel).
CHAPITEE
L’UROLOGIE EN GRÈCE ET A ROME
A. — PÉRIODE PRÉHIPPOCRATIQÜE
Si les recherches des archéologues et la découverte de documents indiscu¬ tables ont établi l’existence en Grèce d’une civilisation précoce, ces travaux ne nous apprennent rien de précis sur les pratiques médicales aux temps les plus anciens. Mais ils nous montrent que la médecine a été exercée à cette époque et qu’elle avait même atteint un certain développement.
On a voulu contester la priorité de la Grèce et démontrer que les premières notions médicales lui venaient de l’Inde et de l’Egypte. Pour le premier de ces pays, les dates que nous avons données détruisent cette hypothèse ; l’an¬ tériorité de l’Egypte, en matière médicale, ressort jusqu’à l’évidence des documents que nous avons reproduits. Le papyrus d’Ebers date de 4 ou 500 ans avant la guerre de Troie ; les poèmes homériques où Daremberg a trouvé les indications médicales les plus anciennes de la Grèce, n’ont été composés que 300 ans plus tard -, l’écart est donc considérable entre la Grèce et l’Egypte qui a dû lui donner des leçons.
Comme celle d’Egypte, la médecine grecque reconnaît une origine sacrée. Le culte d’Esculape en Grèce est très ancien et on vit de bonne heure se multiplier les temples du dieu, dits Asclepeia-, dont les uns, comme celui d’Bpidaure, étaient construits avec un luxe inouï de statues et de colonnades ; un boite sacré les entourait généralement. D’autres, plus simples consistaient en constructions modestes, véritables sanatoria, où les malades pouvaient être gardés en traitement. Autour d’eux on a trouvé des inscriptions, des ex-voto, parmi lesquels on remarque d’assez nombreux spécimens des maladies génitales, mais aucun d’eux n’a trait à l’urologie.
La médecine consistait d’une part en incantations et en cérémonies reli¬ gieuses et d’autre part en une thérapeutique véritable. Le malade, avant
femme s’assoira sur la courge et fera entrer très avant dans les parties géni¬ tales le bout de la courge, afin que les parties reçoivent le plus possible de vapeur. On lui fera prendre des boissons diurétiques. D convient d’assouplir le corps en dehors par des bains cbauds et la vessie par des boissons qui pro¬ cureront la plus grande quantité d’urine. La saignée dissipe ordinairement
Puis viennent, comme souvent dans Hippocrate, des observations à l’appui : la première paraît se rapporter à une infeetion purulente plutôt qn’urineuse.
« Bion, à la suite d’un état hydropique longtemps prolongé, perdit l’appétit pendant plusieurs jours et fut pris de strangurie: un apostème
à la fois rouges et purulentes ne sont-elles pas celles de la tuberculose ou
A trois reprises il est fait appel à l’intervention chirurgicale et l’on se demande si Hippocrate pratiquait la néphrotomie. « Si l’on aperçoit une tumeur ou une élévation à la région rénale, pratiquez une incision », dit-il, mais il ajoute : « débarrassez l’organe des graviers par des diurétiques ». Ce qui semble indiquer qu’il ne retire pas les calculs; rsavs-.v -/.a-a xçv vsçooy, voudrait - dire « incisez jusqu’au rein et non pas le rein » et de même plus loin : « quand il y a du pus dans le rein, faites une incision à la partie
littf in
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régions, elle est brûlée par la chaleur naturelle, et il se forme une pierre ou du sable. Il importe de la briser ou de la diminuer par des médicaments appro¬ priés qui augmentent la chaleur et la dessèchent. » On reconnaît là une pathogénie empruntée à Hippocrate.
Oribase pratiqua la chirurgie et nous a laissé des techniques qui paraissent dues surtout à Anthvllus et à Héliodore. Bien de nouveau sur la taille : c’est le manuel opératoire de Celse ; il signale seulement la gravité des bles¬ sures du col vésical qui laissent une fistule incurable. Sons le nom d’indura¬ tion du col il désigne une affection qui ressemble à l’hypertrophie prostatique. Quand le cathétérisme est impossible, il propose d’inciser le périnée vers le
un nuage tenu en suspension indique que la nature n’a pas encore achevé la eoetion des humeurs ou qu’elle livre un combat contre la maladie. Plusieurs
de ces détails sont empreints, d’un certain sens clinique: mais à côté subsistent des enfantillages et des superstitions. Pour éviter les redites nous passons vite sur l’étude- d’Aetius, car nous retrouverons ses idées plus déve¬ loppées dans Actuarius et les Salemitains. Nous supprimons de même une longue liste de médicaments lithontriptiques.
A la même époque vivait Alexandre de Tralles, né en Lydie un peu après Aetius dont il prononce le nom plusieurs fois ; il exerçait à Rome où il acquit une brillante réputation. Dans ses ouvrages et dans l’histoire de sa
GALIEN AUX ARABES
Les calculs de la vessie se reconnaissent aux signes suivants : les urines déposent du sable ; les malades « sont tourmentés, par un fréquent prurit de la verge qu’ils frottent souvent ; il y a arrêt brusque de Furine quand le calcul tombe au col de la vessie ».
On opérera plus volontiers les enfants jusqu’à l’âge de quatorze ans que les bommes d’âge moyen et ceux-ci que les vieillards ; de même le traite¬ ment des gros calculs est plus facile que celui des petits, car la vessie est habi-
Voici quel est le manuel opératoire : on fait remuer le malade afin que le calcul vienne au col de la vessie ; on le place debout. Le calcul est-il senti, on incise immédiatement. S’il ne l’est pas, le doigt introduit dans le fondement le fait progresser vers l’extérieur. Un aide comprime la vessie ; un autre relève les testicules d’une main et de l’autre tend le périnée qui est incisé non pas au milieu, mais vers la fesse gauche suivant une ligne oblique. Parfois le calcul sort de lui-même ; s’il ne sort pas, on l’extrait avec un crochet.
L’hémostase se fait par des médicaments, tels que mauve, encens, aloès, etc. Le pansement consiste en un linge trempé de vin et d’huile ; trois jours après la plaie est lavée puis recouverte de charpie. Si une inflammation
Quant au cathétérisme,
roici la technique. On commence par attacher fil de lin ; puis à l’aide d’un jonc on la pousse au trou de l’instrument ; on . porte s la verge qu’on relève en haut, puis
celui-ci en ligne d:
quand le cathéter arrive au périnée oi le canal de la vessie devient oblique; la laine est alors retirée pour couler l’urine. Quand la vessie est ulcérée, on la lave avec une s(
Peu à peu l’influence d’Hippocrate et de Galien s’éteint chez les d médecins grecs : plusieurs les ont copiés sans prononcer leur nom l’empirisme a été prédominant chez la plupart d’entre eux. IsTous allô les écrits de Galien émigrer en Orient où les Arabes vont les recueilli rapporter en Europe.
montre l’état d’anarchie où était plongée la médecine.
Anssi comprend-on pourquoi Constantin l’Africain (1015 (1) -1087) passa longtemps pour le fondateur de l’Ecole de Saleme, à tort, car son mérite se borne à y avoir introduit l’ordre et l’unité d’enseignement. Moine de Car¬ thage, ü alla s’instruire en Orient, peut-être à Alexandrie, sûrement àBaby- lone où il étudia pendant 39 ans les langues et les sciences orientales. De
62 LES ARABES. — L’ÉCOLE DE SALERNE ET LE MOYEN AGE le flux du ventre, une affection pulmonaire, une douleur articulaire, la phtisie consomptive, l’extinction de la chaleur naturelle. Telles sont les causes de la couleur livide qu’il faut interpréter d’après ces signes.
Ge que nous connaissons de la vie de Gilles nous donne une haute idée de son caractère. Sans doute la faveur dont il jouissait à la cour royale lui permit d’affirmer son indépendance, car il flétrit vigoureusement les vices de son temps. Dans un poème, Hierapigra ad purgandos prœlatos , il s’élève, lui homme d’Eglise, contre la simonie de certains membres du clergé et contre les usurpateurs de titres ; il réclame pour les maîtres seuls le droit d’enseigner la médecine ; le premier il prend conscience de la propriété scien¬ tifique et proteste contre les plagiats, contre les « étrangers qui ont la pré¬ somption de récolter un grain qu’ils n’ont pas semé ». Il comprend la charité sous sa forme la plus élevée, en y faisant rentrer les soins que le médecin doit donner aux pauvres : dans ce but il compose une pharmacopée double, celle des riches et celle des pauvres. Par exemple, la Diamargariton pour les riches, l’Electuaire Plisis pour les bourgeois et l’Electuaire Dianthos pour les pauvres, jouissent des mêmes propriétés et sont douées d’une efficacité égale, mais diffèrent de prix.
C’est avec Gilles de Corbeil que l’Ecole de Salerne brilla du plus vif éclat et bien que ce soit à Paris qu’il ait acquis renommée et autorité, il marqua l’apogée de cette célèbre Ecole. Déjà en Italie des rivales s’étalent élevées; l’Ecole de Eavenne, sa contemporaine, lui a toujours été inférieure mais Padoue et surtout Bologne devinrent des centres médicaux importants qui attirèrent maîtres et élèves. Ils l’emportèrent bientôt sur Salerne qui déclina- à partir du xne siècle, quoique, d’après Nicaise, elle paraisse avoir longtemps subsisté ; on en trouve des traces jusqu’au xvme siècle.
-Mais si un enseignement fécond et suivi fut donné à Padoue et à Bologne, l’empressement des élèves ne saurait suffire à former une école, et l’on cher¬ cherait en vain un corps de doctrine, une agrégation de maîtres imbus des mêmes principes. Hugues de Lucques, Brunus, Théodorie, Guillaume de Salicet et surtout Lanfranc ont, il est vrai, étudié à Bologne ; mais ils relèvent toujours de Salerne. Presque tous d’ailleurs quittent l’Italie pour aller au delà de ses frontières répandre l’instruction qu’ils ont puisée chez
Pendant que Salerne, du x* au xne siècle, attirait Italiens et étrangers, les autres nations restaient dépourvues d’écoles et de médecins instruits. Presque partout les malades ne trouvaient de secours qu’auprès des moines, des juifs ou des guérisseurs nomades. Cependant peu à peu deux centres d’é¬ tudes se firent connaître, Montpellier et Paris.
Montpellier, sans doute en raison de sa proximité de l’Espagne, procède surtout des Arabes. Au début l’enseignement fut libre ; chaque maître attirait à lui un groupe d’élèves qui lui payaient ses leçons, qu’ü fût français ou étranger, car le droit d’enseigner est reconnu à tout médecin par un édit de 1180. Mais bientôt ces écoles furent placées sous la juridiction de l’évêque ;
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74 LES ARABES. - L'ÉCOLE DE SALERNE ET LE MOYEN AGE existens, ex quitus nature, sentions medieatimem territus al expulsions mince per rneatum exsiccatio humiditatis fluentis a came glandulosa quœ est apud eoUum vesicœ est causa constrictionis meatus. » Voilà une première indication d’une rétention réflexe ou spasmodique.
Arculanus en étudie le traitement par les procédés classiques au moyeu, âge, suppositoires de sel, médicaments internes, des cantharides en parti¬ culier, Mettons à l’huile, injections irritantes dans la vessie, compression ma¬ nuelle de l’abdomen, enfin, usage de sondes de papier, de bois ou de cuir. En cas d’insuccès une incision périnéale doit être pratiquée, boutonnière ou cystostomie, prescription empruntée à G-alien et aux Arabes. On lui a attri¬ bué l’invention de la seringue, à tort, car nous avons déjà vu qu’elle rempla¬ çait la vessie de porc dont Celse et Galien se sont servis. Aussi est-on étonné de voir Halgaigne attribuer à Gatinaria, qui exerçait à Milan en 1481, l’invention de ce précieux instrument.
Ifous n’aurons plus à relever que le nom de Montagnana chez qui on a plaisir à constater un effort pour remplacer par des observations person¬ nelles la reproduction servile des Arabes et des Anciens, mais, telle était l’habitude prise, que pour le cathétérisme en particulier, c’est presque textuellement Paul d’Bgine qu’on retrouve.
CHAPITBE IV
DE LA RENAISSANCE AU XIXe SIÈCLE
A. — LES BARBIERS-CHIRURGIENS. — LES AMBULANTS
Ce serait sortir de notre sujet que refaire Phistoire de la confrérie de Saint- Côme, si bien étudiée par Malgaigne et par Nicaise qu’il est difficile d’ap¬ porter un document nouveau. Cependant elle vécut à côté des opérateurs, des inciseurs, de ceux qui ont conservé, développé, perfectionné la taille et les autres opérations sur l’appareil urinaire ; nous serons ainsi amenés à en dire quelques mots.
Nous venons de voir, dans le chapitre précédent, comment des ehirur-, giens instruits avaient obtenu de former une corporation grâce à la pro¬ tection de saint Louis et de son médecin Pitard. En 1301 une première ordonnance, rendue par Philippe le Bel, restreint la pratique envahissante des barbiers : protection imparfaite tour à tour retirée, diminuée ou supprimée, puis rendue jusqu’à ce que, en 1370, Charles V eût octroyé aux chirurgiens des privilèges véritables, à charge pour eux de s’engager à soigner les pauvres gratuitement. Ils avaient le droit d’arriver à la licence, de suspendre des. bannières à leurs fenêtres et de se réunir à l’église Saint- Jacques-la-Boueherie.
Les barbiers ne se tinrent pas pour battus et deux ans plus tard ils faisaient reconnaître leurs droits par une ordonnance royale. Ils avaient d’ailleurs beau jeu, car l’usage était pour eux et leur réservait tout ce qui était manuel
sant les petites opérations aux mains des barbiers, des femmes, des chirur¬ giennes et des coureurs. Dans les grandes villes ils rencontraient la concur¬ rence de personnages comme Guillaume de Salicet, Lanfranc, Guy de Chau- liac, mais dans la plus grande partie du territoire il fallait bien s’adresser à eux. D’ailleurs la démarcation entre leur pratique nt celle des chirurgiens
incisions chirurgicales" tendait à entretenir cette confusion aux yeux du
Les services qu’ils rendaient expliquent donc leur faveur auprès du pou¬ voir royal. En 1390 une nouvelle ordonnance rendue par Charles VI marqua un nouvel échec des chirurgiens qui, pour sanctionner leur supériorité, n’acceptèrent plus que des apprentis sachant le latin et augmentèrent de deux écus d’or le droit de diplôme de bachelier. Cette mesure suffit pour
ANATOMIE
Usons ne voyons pas, comme dans les périodes qui ont précédé et suivi, une ou plusieurs grandes personnalités attirer toüte l’attention, ni des traités didactiques peser de leur autorité sur les masses; le procédé diffère ; c’est celui de Cabrol, de Couillard, qui racontent ce qu’ils ont vu, qui recueillent leurs observations souvent avec naïveté, toujours avec une sincérité qui s’impose. Les travaux français de ce genre dominent en intérêt et en nombre : c’est l’origine de la clinique, de l’observation scrupuleuse et sans parti pris du malade ; elle deviendra méthode à la fin du xvme siècle et donnera toute sa force à l’Ecole française. Tels sont les hommes qui ont préparé Tolet, Dionis, Méry, Morand et l’école brillante du xvme siècle.
Un grand pas avait été fait : les chirurgiens ne dédaignaient plus ni le cathétérisme, ni les carnosités, ni la taille. Sans doute des empiriques,^ des
giens était trop grande pour qu’ils pussent la soutenir et peu à peu ils disparurent. La taille va être tolérée, acceptée, puis mise au rang qui lui revient, celui d’une des plus efficaces et des meilleures opérations de la chi-
B. — ANATOMIE
Comme à toutes les autres époques, la chirurgie et l’urologie n’ont avancé pendant la Benaissance que grâce aux progrès de l’anatomie qui ont éclairé la route. Il est vrai que le xve siècle rendit un grand service en faisant revivre Galien qu’on ne connaissait qu’au travers les livres des Arabes, mais, pour l’étude de l’anatomie, la domination scientifique du maître de Per- game a eu de fatales conséquences. « H est plus louable, disait Blondus en 1497, de se tromper avec Galien et Avicenne que d’acquérir de la gloire avec les autres. Mieux vaut, comme on dit, mourir par un médecin métho¬ dique que de vivre par un empirique ».
{Nous verrons les efforts qu’il a fallu déployer pour accomplir cet acte impie, ce crime de lèse-majesté : s’élever contre l’autorité de Galien. Certes, le génie de ce grand homme avait, par intuition pour ainsi dire, découvert des notions anatomiques utiles, mais elles restaient entourées de l’incertitude et du vague que l’étude du corps humain devait seule dissiper.
Il ne nous appartient pas de retracer ici la splendeur de l’époque dont nous abordons l’histoire, époque de rénovation et d’expansion de l’esprit humain dont toutes les manifestations prirent un essor et un élan tels que le siècle de Périclès peut seul lui être comparé. Mais les héros de la
clopédistes. A la fois peintres, sculpteurs, architectes, graveurs, etc., ils se sentaient également attirés par les recherches scientifiques, même par les plus abstraites et les plus ardues, comme l’astronomie et la mécanique.
Michel-Ange et Léonard de Vinci réalisent au plus haut degré ce type de génie universel. Leurs dessins, leurs esquisses, montrent qu’ils ne se bor¬ naient pas à l’anatomie du squelette et à la myologiè qui semblaient les seules utiles pour l’anatomie des formes, mais entraînés par leurs recher¬ ches, ils se consacrèrent aussi à l’étude des viscères.
CORPS H VM AI N. 5y
TABLE p ES reins or rognons.
C Qui eft vu propre parenchyme, quafi. f La chair, -dfemblable à celuy du cœur, fors qu’il n’y (jl point défibrés.
Veine, & ["Qui fe diftribuenrpar toute la- fabftance artere e- 1 du rein, entrant par la partie fîme,& fc di- mulgen-^. uifent iufques à ce qu'elles foient com¬ tes, {.me capillaires.
r Quieft fait del’extremité de l’vretere, en Sinus, 'façon de baffin , ou entonnoir , quireçoit le (ferum feparé du fâng;
. rQui font petitescarunctlles,à l’extremité des
. Papil-J vaiffeaux,par lefquelles corne glandes fpon- les,- j.gieufe, diftile l’humeur fereus dans leftnus, l& de là à l’vretre,& puis en la vcfïie. fVne propre, l’autre commune, venant dü pe- Tuni-J ritoine , & de la ftomachiqnc : d’où vient le Ique, j-grand confenrement des reins, & de l’efto-
Aux Reins jaut | remarquer, j
' C Auec les lombes par le péritoine , auec la vefiîe par
La con-’sles vreteres , à tout le corps parles vaifleaux nom- nexion, Lmez.
/■Quieft comme vne demie lune,ou proprement com- Figure,^ me vnfafeole , du cofté qui regardent la grand’ veine, j font caues , ou phiftoft camus : 8c en dehors vers les Miles, font gibeux Se longs.
Gran-5 Qui n’eftpas efgale en tous , mais ils font grands félon deur, i qu’il eft requis, pour l’expurgation de l’humeur fereus.
r Qui eft communément double, vn dextre, l’autre fe- Nom-Sneftre , combien que nous auons trouué fouuentdes bre, corps qui n’en auoient qu’vn,mais fort grand.
Vfàge,t Qui eft de purger,& attirer l’humeur féreux.
/"Qui eft au cofté des vertebres des lombes. Se fur l'ori- { gine du mufcle pfoas , vn de chafque cofté de la veine La fi- J caue defeendente ; non diamétralement , mais l’vn va tuano,-', peu plushautque l’autre, fçauoir aux hommes,le droit { efttoufioursphsbasàcaufe du foye, quieft grand, j aux brutes , le feneftre eft plus bas , pource que la ratte tdefeend plus.
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LA RENAISSANCE
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CHIRURGIE
Plusieurs faits de traumatismes rénaux sont dus à Paré. Entre autres : « M. de Martigues, blessé au milieu du thorax, jetta le sang par la bouche la. playe et les urines et mourut ». Voici enfin une autopsie. « Dans un' corps’ mort-, je trouvay un uretère de la grosseur du doigt oblitéré par une pierre. Le patient, deux jours deuant mourir, jettait- son urine par la bouché. »
S’appuyant sur des considérations anatomiques, Eiolan montre l’avan¬ tage qu’il y a à inciser les abcès rénaux par la voie lombaire, car on évite ainsi le péritoine ; mais il repousse l’extraction des calculs, excepté quand il y a suppuration. Dans ce cas il conseille le cautère et « par ce moyen tirer le pus et même la pierre... si la nature n’enseigne pas ce chemin ou qu’elle ne commence à le faire, c’est une entreprise trop hardie de couper et ouvrir les reins, à cause que les chairs sont trop épaisses et trop enfon¬ cées ». Il conclut en disant que ce serait un crime que de tenter une telle opération.
Voici enfin Cabrol qui pratiqua de propos délibéré une néphrotomie en se basant non seulement sur les symptômes, mais sur le souvenir d’une autopsie récente.
« En l’an 1578, maistre ÏToel et moy fusmes appelés pour ouvrir un honorable homme Anthoine Bignomme, marchant de la ville de Montpellier âgé de 60 ans > lequel avait un grand abcès du rongnon gauche, devant què l’ouvrir fusmes d’avis de le peser lequel trouuasmes qu’il était du poids de 14 livres avec son guist (paroi) et rongnons lequel guist était d’épaisseur . d’une bonne peau de mouton ou maroquin.
« Depuis en ça m’est advenu un jeune homme marchand à Pezenas, lequel avait en même endroit une douleur fort grande et m’appela pour en auoir auis et m’ayant parlé et fait discours de sa maladie je fus d’aduis qu’il appe¬ lât conseil... à laquelle consultation fusmes quasi de contraire opinion les .uns tenoyent pour une pierre au rein et moy, au contraire, tenois que c’étoit un abcès étant remémoratif de l’abcès du sieur Bignomme. Le malade me
que de vivre si misérablement ; moy estant convaincu de prières tant de luy
fusse si téméraire de l’ouurir seul mais y appelay tous ceux qui s’estoyoeint trouvés à la consultation et ayant appliqué mon cautère dedans, il y en eut de bien joyeux en la compagnie et trouuay la cauité et le lieu de la matière, mais il n’en sortit rien. Deux heures après j’y fus pour changer le premier appareil et la tente étant sortie, fus contraint prendre un bassin
deux fois le jour un plat le matin et un le soir ; cela dura l’espace d’un mois ou cinq semaines, mais avec les remèdes, tant d’onguents qu’emplastres, sérats, iniections, l’ulcère fut détergée, incarnée et bien cicatrizée et en est bien guéri, dont depui s’est changé à Marseille pour poursuyure sa traf-
Cabrol, que nous avons vu bon anatomiste, ne négligeait pas d’ouvrir le corps de ses malades défunts toutes les fois qu’il le pouvait; c’est ainsi qu’il décrit un rein en fer à cheval avec deux uretères, un autre avec un seul uretère très ample, un seul rein « d’une grandeur incroyable » couché sur les vertèbres des lombes.
STRANGURIE,
le faire. On peut à bon droit les considérer comme les créateurs de la
nombre d’opérations. Us ont découvert les rapports qui unissent les divers organes de l’appareil urinaire ; les premiers, ils ont eu une conception haute et- large des affections qui les atteignent.
Ces deux hommes, unis par une étroite amitié, avaient des qualités com¬ munes : le bon sens, la passion de la clinique, l’amour du progrès ; mais quelle opposition dans leurs procédés d’enseignement ! Desault, orateur et
publié ses notes. Cependant le souvenu de ses brûlantes leçons s'est trans¬ mis jusqu’à nous, de même que nos eontemporams perpétueront la mé¬ moire de Lasègue, de Trélat et de Dieulafoy.
Les qualités de Cbopart étaient toutes différentes : son élocution médiocre et confuse ne retenait que peu d’élèves autour de lui. Aussi s’est-ü attache à recueillir les faits cliniques qu’il devait utiliser pour la rédaction de son livre Celui-ci vivra longtemps : les observations bien prises, présentées nettement et en grand nombre, sont choisies avec art et si bien p-oupees qu’elles font dérouler devant le lecteur l’histoire d’une maladie et la fixent
esTremettable que l’exemple de Desault et de Chopart n’ait pas été suivi; nous verrons que le souci de la clinique, pendant une «rande partie du rcx* siècle, a cédé le pas aux inventions mstrumen-, taies et aux hypothèses. H faudra attendre que les grands chirurgiens de la fin du siècle dernier reprennent les traditions que Desault et Chopart n’avaient pu faire accepter par leurs élevés immédiats.
CHAPITBE
LA TAILLE ET LES LITHOTOMISTES
Dans les chapitres qui précèdent nous avons indiqué chemin faisant les principales étapes de la lithotomie, montrant que, si les anciens Egyptiens paraissent l’avoir ignorée, les Hindous et les Persans l’avaient pratiquée à une époque fort reculée ; comme il est impossible de fixer une date précise, on considère comme probable que cette opération fut apportée en Orient par les Grecs au moment des guerres d’Alexandre.
Mais elle était méprisée et abandonnée à des personnages assez peu hono¬ rables pour qu’Hippocrate, dans son serment, défendît aux médecins de la pratiquer. Cette proscription produisit peu' d’effet, car des médecins tels qu’Ammonius, qui occupait une haute situation, ont pratiqué et perfec¬ tionné la taille, néanmoins elle restait réservée presque exclusivement à des spécialistes nomades qui allaient exercer de ville en ville ainsi qu’on le voit encore aujourd’hui en Orient.
Celse nous donne une description que nous avons reproduite (v. p. 37) de la méthode alors employée; elle existait certainement avant lui car il ne la présente pas comme une méthode personnelle. Sa simplicité même l’imposait à tous ; plus ou moins modifiée par les médecins grecs et romains, Paul d’Egine, Anthyllus, Oribase, par les Arabes, puis par Guillaume de Salicet, Guy de Chauliac, etc... ; elle persistera jusqu’au xvme siècle sons le nom de petit appareil.
Le grand' appareil. — C’est au commencement du xvie siècle qu’une méthode nouvelle qui devait détrôner l’antique procédé fut employée par Giovani di Bomanis, plus connu sous le nom de Jean des Bomains, médecin
écrite par lui à Marianus et retrouvée par Malgaigne.
Bencontrant des difficultés pour reconnaître le col vésical chez un enfant, il imagina d’introduire une sonde dans le canal et de s’en servir comme de conducteur vers la vessie. H perfectionna peu à peu ce procédé et mul- tipha les instruments, ce qui lui fit donner le nom de grand appareil.
étudia d’abord à Naples, puis à Borne sous Jean de Vigo. Son maître principal fut Jean des Bomains dont le nom même serait sans doute resté inconnu si Marianus n’avait eu la probité, bien rare à cette époque, de rap¬ porter à son maître la technique qu’il tenait de lui. Il est d’ailleurs possible que ce procédé ait été employé avant lui par des inciseurs qui auraient
mn
111
■ES L1TH0T0MISTES
dans un régiment de cavalerie, obtint son congé 5 ans après et se lia avec un' opérateur ambulant du nom de Pauloni « qui taillait du boyau et de la pierre » ; tout en étant son serviteur, il apprit de lui la pratique du petit et du grand appareil. Befusant de le suivre à Venise, il gagna la Provence, y pratiqua la taille pendant une dizaine d’années, mais non plus la -kéloto¬ mie, parce qu’il répugnait à l’ablation du testicule qui, à cette époque, était la conséquence de cette opération.
Vers 1690, il prit l’habit religieux. Se fit-il admettre dans l’ordre de
156 LA TAILLE ET LES LITHOTOMISTES
contusions et le décliirenient de ces parties qui arrivent presque toujours au col de la vessie et aux prostates. » En revanche, Méry blâme la nature et la forme des instruments qui paraissaient des plus défectueux.
En attendant la rédaction du rapport de Méry, Frère Jacques était allé à Fontainebleau où résidait la cour. Duchesne, le médecin des princes, fut inté¬ ressé par le récit de sa manière d’opérer, en parla à Fagon, puis à Bourdelot, de sorte qu’on permit au Frère de tailler un garçon cordonnier, ce qu’il fit avec un plein succès. Louis XIV en fut informé et dit qu’il « fallait avoir soin de cet homme-là ». Logé chez Bontemps, premier valet de chambre, il pratiqua
Fig.' SO. — Dilatateur du Frère Jacques, d’après Descbamps.
élogieux. Malgré tout, les administrateurs de l’Hôtel-Dieu et de la Charité décidèrent que le Frère y taillerait publiquement. Mais sur 60 calculeux opérés, 25 succombèrent tandis que sur 22 malades opérés au grand appareil par les chirurgiens ordinaires, 19 guérirent. Interdiction d’opérer fut faite au Frère Jacques, basée moins sur la fâcheuse issue de ses opérations que sur son mépris des baumes et emplâtres qu’on employait comme pansements. « Il suffit que je lui aie tiré la pierre, avait-il répondu, Dieu le guérira. » Mala-
Le séjour de Paris n’étant plus guère pour lui plaire, Frère Jacques reprend sa vie errante, mais précédé désormais par la renommée de son nom : en juillet 1698, il opère avec succès à Orléans, puis à Aix-la-Chapelle, enfin en Hollande en 1899 où la Gazette d’Amsterdam le décore du nom d’opéra-
guide il introduisait i autre bistouri à lai
duisait un gorgeret, puis des tenettes. Ce procédé offre plus de sécurité que celui de Cheselden et a servi à vulgariser la taille en offrant des facilités aux personnes peu expéri-
Lt vingt calculeux prête: roir été pratiquée que ■
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CHAPITRE YI
L’UROSCOPIE ET LES UROM ANTES
L’étude de l’urine et de &er> caractères, de leur signification au point de vue séméiologique et pronostique, a occupé dans la médecine ancienne une place capitale, dont il est difficile de se faire une idée à l’heure actuelle. Elle mérite bien le nom d’uroseopie, car pendant longtemps l’examen de l’urine se borna à son inspection.
A une époque où l’on ne possédait ni la percussion ni l’auscultation, où la chimie n’était encore que de l’alchimie, science occulte et mystérieuse qu’on n’avait pas songé d’ailleurs à appliquer à l’étude de l’urine, où aucune des réactions biologiques actuelles n’étaient soupçonnées, on devait deviner plutôt que diagnostiquer les maladies internes grâce aux signes que four¬ nissait l’examen du faciès, de l’habitus général, de la respiration, des sueurs, de l’expectoration, et surtout du pouls et des urines. Parmi ces signes, l’étude de l’urine devait être la plus féconde. Couleur, quantité, densité, matières contenues varient à l’infini et sont l’occasion de déductions par¬ fois ingénieuses, mais trop souvent aussi de simples imaginations.
Que l’on joigne à cette absence de méthode scientifique et de critique au moyen âge, l’habitude de la compilation élevée à la hauteur d’une science, et l’on comprendra comment cette partie de la médecine, restreinte chez Hippocrate, est devenue vaste, ample, diverse, et souvent contradictoire chez les derniers des médecins grecs et ceux du moyen âge. Tout est sur léji même plan, le certain, le probable et l’hypothétique: à l’obscurité qui en résulte s’ajoutent un besoin finaliste irrésistible à cette époque, et les hypothèses basées sur une physiologie fantaisiste sans expérimentation; aussi n’est-on pas surpris du fatras de connaissances fausses et puériles, mais parfois, il faut le reconnaître, marquées au coin d’un grand bon sens que possédaient nos ancêtres.
Avec Hippocrate et même avec Galien, qui, d’ailleurs ne fait guère que le commenter, l’urologie n’est pas une science à proprement parler. Se plaçant surtout au point de vue du pronostic, Hippocrate établit des rapports entre les qualités de l’urine et l’évolution de la maladie, sa durée et son issue; il en tire des conclusions souvent justes pour le diagnostic.
Après eux, les commentateurs et les compilateurs viennent, qui n’ajoutent guère de notions importantes. A leur tour les Arabes et les médecins du moyen
A la Renaissance, ces connaissances devaient être discutées, renversées par
JROMANTKS
sième la valeur séméiologique de oes différents éléments, leur signification suivant l’âge, la saison, le pays, etc. ; dans le quatrième et le cinquième, il Temonte aux causes de ees perturbations et en fait ainsi le diagnostic étiolo¬ gique; dans les deux derniers livres enfin, il établit le pronostic à tirer de l’étude de ces variations.
Après avoir indiqué le plan de son livre, Actuarius, dans un chapitre qui est une sorte d’historique, déplore que « pour une raison, dit-il, que j’ignore, aucun des anciens auteurs qui cependant connaissaient bien la question ne l’a traitée avec quelque soin ». Malgré son respect de la tradition, car il ne cite Hippocrate qu’en lui adjoignant l’épithète de Sapientissimus, il émet sor lé maître, de Oos et sur Galien les appréciations que voici :
« Le vénérable Hippocrate lui-même qui, de côté et d’autre, a dit quel¬ ques mots des urines, n’a laissé sur ce sujet qu’un traité incomplet. Galien,
sonnages illustres de cette Université. Un cortège solennel eut lien à cette
figures allégoriques et bien certainement sans aucune intention satirique. Or la Médecine y figure tenant un flacon d’urine' à la main tandis que des
UROMANTJES
LJROSCOPIE
consultation donnée par un charlatan avéré à une jeune fille dont il devine
. D- — L’ART SPAGYRIQUE ET SES DÉTRACTEURS L’urologie, si simple entre les mains d’BHppocrate et de Galien,
SPAGYRIQUE
mmtiinm
1 il
. Et le signe de Libra a regard sur le péril et génitales dell’hoœme. le signe de Scorpius a regard sur le membre de l’homme. Et le signe Sagittaire a regard sur les cuisses de l’homme. Et le signe de Capncor- a regard sur les genoulx de l’homme. Et le signe de Aquarius a regard les jambes de l’homme. Et le signe de Pisces a regard snr les pi& de mme. Et ainsi doi les entendre de la femme. »
I -
2° beaucoup de liqueur aqueuse avec quelques particules de sel et dé soufre, 3° une eau très pénétrative communément appelée esprit d’urine, mais qui est un phlegme’ fort aiguisé par le sel, montant le dernier dans la distillation ; enfin après distillation il reste dans la cueurbite : 4» du sel • go de
JS UROMANTES
d’un médecin de flairer l’urine, cependant bon gré mal gré, l’odeur peut par¬ venir jusqu’à nos narines. Modérée à l’état normal, elle devient infecte lor* qu’on a mangé de l’ail ou du fromage pourri ; elle l’est encore dans les cas
dans des nuances insignifiantes, il insiste sur les points importants en particu¬ lier sur le diagnostic des urines bilieuses et hématuriques. n en est de même pour les urines troubles. Mais bientôt Fernel cède à ses souvenirs classiques. Pour lui la couronne formée de grosses bulles est signe d’humeurs grossières, si les bulles sont petites et disposées circulairement c’est douleur de tête! si elles sont disposées en demi-cercle, c’est migraine. Si la douleur est intense les bulles seront dorées, si elle est légère elles seront pâles, si la douleur s’a¬ paise elles nageront au milieu de la surface de l’urine « car le fait qu’elles occu¬ pent le haut de l’urine témoigne que c’est la tête, la plus haute partie de l’homme qui est le siège de douleur ». Si les bulles tombent, cela signifie que la maladie tombe de la tête sur les poumons, etc... Il était vraiment bien difficile, même pour un esprit aussi distingué, de se défaire, des rêveries de ses prédécesseurs.
îilüiît1
recommande de comparer tm volume donné d’urine, d’un corps pesant le même poids.
iis Paracelse et van Helmont et surtout depuis Actuarius, on rogrès ont été réalisés grâce à une observation plus attentive des nalyse apportée à l’étude de l’urine. Mais les procédés que recomn sont surtout des procédés physiques. H se méfie de la chimie, quic evait donner les plus intéressants résultats entre les mains de soi
Hermann Boerhaave, né le 13 décembre 1668 àWoorhout, près de Leyde, compte parmi les médecins les plus illustres. Après avoir étudié la théologie suivant le désir exprimé par son père mourant, il s’adonna à la médecine et à 25 ans fut reçu docteur de l’Université de Harderwick. Dès l’âge de 30 ans, il enseignait dans l’Université de Leyde. L’état de sa santé le força d’inter-
lllll I
homme toujours prêt ;
iterpréter la marche <
une longue pratique des voies urinaires permet seule de faire face.
L’urologiste idéal doit donc être aujourd’hui à la fois anatomiste, physiolo¬ giste, médecin et chirurgien consommé; il doit être expérimentateur, posséder des connaissances suffisantes en chimie et en physique, en histologie et en bactériologie. Ce n’est pas là une vue de l’esprit car beaucoup d’urologistes possèdent ces qualités. Il en est un tout au moins chez qui elles brillaient au plus haut degré : c’était le professeur Albarran.
Dans cet exposé nous avons cherché à montrer l’évolution de la science urologique au xixe siècle. L’historique de cette période sera limité à cer¬ taines questions, car la plupart d’entre elles se lient à la pathologie et seront exposées dans chaque article de cette encyclopédie. Nous rons cependant aux origines de plusieurs découvertes : les rétrécis lalithotritie, l’endoscopie, en relatant très rapidement quelques an importants de cette période.
3. — LE CATHÉTÉRISME
Il ! I
,E CATHÉTÉRISME
gnostic sur le cathétérisme explorateur- On s’aperçut qu’un instrument cylindrique, bougie ou sonde, était un mauvais explorateur, car elle ne per¬ mettait pas de localiser les sensations.
Un chirurgien militaire, Liout, réalisait un progrès en construisant en 1824 les premières sondes coniques terminées par un renflement, modèle pri¬ mitif des bougies et sondes à bout olivaire. Le principe d’un renflement terminal allait s’imposer.
Déjà au siècle précédent, Petit et Desault avaient indiqué l’emploi d’instruments terminés par une boule dont Ch. Bell s’est certainement servi, Ségalas employa méthodiquement une tige terminée par une olive
extrémité d’une lentille qui, rendue excentrique par un mouvement de bas¬ cule accrochait et révélait les obstacles pendant le retrait de l’instrument.
Vers 1830, une amélioration fut faite par Guillon qui présenta des bou¬ gies de baleine, dont l’extrémité terminée en virgule était trop pointue, car elle exposait à blesser la muqueuse. Ce ne fut guère qu’en 1836 que Leroy d’Etiolles inventa la bougie de gomme à boule, à peu près telle qu’on l’emploie de nos jours. Mais les chirurgiens ne paraissent pas y avoir eu
Celui-ci se servait, pour explorer l’urètre, d’un faisceau de fils de soie, effiloehé à, une de ses extrémités qu’il chargeait d’une petite masse d’un mélange de cire jaune, de diachylon, de poix et de résine. Ce fil, passant dans une sonde à bout coupé, maintenait à son extrémité le mélange emplas- tique. Ducamp conduisait sur l’obstacle cet appareil, attendait que la cire fût ramollie, puis exerçait une légère pression. La sonde retirée avec précau¬ tion donnait un moulage du rétrécissement ; la figure 132 montre des résultats heureux. Mais la méthode était infidèle ; la cire, trop ou insuffisam¬ ment, ramollie, rapportait souvent un moulage inexact, et surtout, grief plus sérieux, elle se détachait et oblitérait l’urètre. Fous verrons toutefois le parti que Ducamp, Lallemand et beaucoup d’autres spécialistes en ont tiré pour le traitement des strietures.
ffifi Pou après, en 1836, Cazenave, de Bordeaux, inventa un urétromètre (ng- 133), formé de fines lames de ressort qui se développaient après leur
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l’uretrotomie deBeybard n’en reste ns un des procédés les plus dange¬ rs accidents qu’elle a produits ont
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principaux spécialistes qu’il importe de J
.E XIX® SIÈCLE
et Portai, ont égaré la- pathogénie des accidents du prostatisme en admet¬ tant que les tumeurs de la prostate rétrécissaient le canal. EverardHome. en 1811, fit connaître la véritable nature de l’hypertrophie qui, pour lui, n’est pas produite par une dégénérescence ; la rétention et les difficultés miction- nelles qu’elle détermine sont d’ordre mécanique. Cette notion éliminait la paralysie vésicale à laquelle on rapportait la dysurie des vieillards.
En Erance, Amussat-, puis Leroy d’Etiolles, écartant définitivement l’idée de cancer, acceptèrent les idées d’Everard Home sur l’hypertrophie
d’un tissu normal, dans des mémoires présentés à l’Académie de 1829 à 1832. Leroy décrivit un bourrelet transversal qui fermerait le col de la vessie à la manière d’une soupape. Trois ans après, en 1833, Velpeau démontra la béni¬ gnité de l’hypertrophie prostatique, mais il chercha à établir une analogie entre les tumeurs utérines et les fibromes prostatiques qui auraient ponr point de départ une goutte de sang extravasé.
C’est surtout Mercier qui fit entrer l’étude de l’hypertrophie dans une voie nouveEe. Hé au Plessis-Saint-Jean en 1811, E fit de bonnes études médicales, et dès son internat en 1834, il se consacra à la pratique des voies urinaires. Jusqu’à sa mort survenue en 1882, ü n’a cessé de publier et de pro¬ duire, apportant dans ses polémiques une énergie dont ses devanciers loi avaient donné l’exemple. Le prix Montyon, puis le prix d’Argenteuil récom¬ pensèrent ses découvertes, mais ü ne put franchir les portes de l’Acadenu de Médecine ni de la Société de Chirurgie. Sensiblement plus jeune que cens de ses concurrents que nous connaissons, il se mêla à leurs luttes : l’a s0 lutisme de son caractère, la violence de ses répHques fit qu’E les eut presqu
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BIBLIOGRA
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
L’APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE ANIMALE ANATOMIE, EMBRYOLOGIE ET PHYSIOLOGIE
APERÇU GÉNÉRAL, DÉFINITIONS ET SOMMAIRE
ANIMALE
296 L’APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE
Elle a par conséquent une double action, d’une part tirer de l’être vivant différents principes, d’autre part rejeter diverses substances solides et liquides et notamment les produits de décomposition des matières azotées, tels que l’urée, l’acide urique, etc.
Cette fonction est commune à tous les êtres vivants, mais tandis que chez les animaux les plus inférieurs, il n’existe point à proprement parler d’organes particuliers pour l’accomplir, au fur et à mesure qu’on s’élève dans la série on voit apparaître et se développer des organes spéciaux dont l’ensemble constitue V appareil sécréteur. Celui-ci se différencie de plus en plus, et dans les groupes supérieurs, comme les Vertébrés terrestres et l’Homme, il atteint une grande complexité.
Les organes particuliers chargés d’extraire du sang et de sélectionner divers principes, produits plus ou moins directs dê la désassimilation, portent le nom de glandes. En règle générale, l’expulsion de ces produits doit se faire au dehors, c’est-à-dire par les téguments ou par le tube digestif qui lui-même peut être considéré également comme faisant partie de l’extérieur. H existe des glandes unicellulaires, mais chez des animaux élevés en organisation, ces organes peuvent devenir beaucoup plus complexes et chez les Vertébrés, par exemple, on y distingue habituellement les parties principales suivantes :
1° Une membrane épithéliale composée de cellules spéciales chargées d’extraire du liquide sanguin les principes particuliers à la glande.
2° Une nappe sanguine formée par des artères et par des veines qui se ramifient en fins capillaires.
3° Des "filets nerveux qui règlent l’activité sécrétrice.
les produits sécrétés, c’est le canal excréteur. Celui-ci fait toutefois défaut dans certaines glandes dont les produits repassent dans le sang et qui sont dites glandes closes.
En ce qui concerne le rôle dans l’économie des substances sécrétées on doit, en effet, distinguer deux cas : .
Dans le premier les produits sont susceptibles d’être encore utilisés pour l’accomplissement de certaines fonctions, ils constituent les sécrétions propre¬ ment dites ou sécrétions récrémentitieUes comme on les appelait jadis, c’est-à- dire destinées à être réabsorbées et pouvant séjourner encore plus ou moins longtemps dans l’organisme 1.
Dans le second cas. au contraire les produits sont mutiles ou nuisibles, ils sont simplement rejetés au dehors et. portent le nom de sécrétions excrémen- titielles ou simplement excrétions -.
Bien que dans le langage courant on confonde généralement sécrétion et excrétion ce dernier terme a une acception moins étendue que le premier. TJ excrétion à proprement parler est une forme plus spéciale de la fonction générale de sécrétion.
ou cavité générale. De ces trois feuillets du blastoderme naissent des tissas plus on moins différenciés.
On rencontre chez les Métazoaires deux types principaux de structure •
I. Les Phytozoaires ;
Les Phytozoaires correspondent à peu près aux Zoophytes de Cïïvh&; les animaux-plantes sont généralement immobiles, fixés, ou dérivant d’anima ux fixés ; leur corps est rayonné, c’est-à-dire symétrique par rapport à plusieurs plans, rappelant ce qui se passe dans le règne végétal, d’où le nom donné à leur groupe.
Les Phytozoaires forment trois embranchements :
1° Les Spongiaires vulgairement dénommés Eponges, dont le corps est creusé d’une cavité ou d’un système plus ou moins compliqué de cavités pour la circulation de l’eau ; ils possèdent un squelette calcaire, corné on siliceux, constitué de petites pièces souvent en forme d’épines ou spiaâes. Chez eux les trois feuillets sont représentés mais il n’y a pas de cavité générale.
2° Les Polypes ou Cœlentérés dont les types les plus connus sont les Hydres, les Coraux, les Méduses, habituellement fixés, à symétrie presque toujours nettement rayonnée, à mésoderme plus ou moins rudimentaire et sans cavité générale.
3» Les PcUnodermes comme les Oursins, les Étoiles de mer, déjà pins élevés en organisation, possédant une cavité générale et un appareil circula-
302 L’APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE ANIMALE
cavité générale, mais au lieu de s’ouvrir séparément à l’extérieur elles ! testin terminal (fig. 197 et 198).
La néphridie des Vertébrés présente en outre cette particularité de j sur son trajet une sorte d’ampoule renfermant un paquet de vais sanguins, le glomérule de MalpigM.
brés disparaît dans la suite. Chez les Vertébrés adultes le rein fouet comme une glande ordinaire et ne communique plus directement avecla (
INVERTÉBRÉS
H n’y a, en général, qu’un seul orifice à ]
ïlllll
L’APPAREIL EXCRÉTEUR CHEZ LES INVERTÉBRÉS 311
Coshovici a insisté sur ce fait que la néphridie typique ne s’ouvrirait pas
viendrait seulement s’ajonter à l’appareil néphridien que quand celui-ci se trouve devoir remplir accessoirement la fonction de conduit évaenateur des produits de la reproduction. Typiquement la néphridie se ter par une ampoule plus ou moins volumineuse, flottant dans la cavité visi et tapissée à l’intérieur par des cils, portant aussi assez souvent un flage L’ampoule serait chargée du filtrage et de l’englobement des produit
que dans nombre de cas on ne trouve pas de pavillon vibratile.
Pour Goodeich il y aurait lieu de distinguer dans les organes segmentaires des Annélides les quatre formes suivantes (fig. 205) :
1» La protonéphridie, qui commence sous l’épithélium du cœlome par un
ou plusieurs culs-de-sac garnis intérieurement de cellules à longs cils ou solénoeytes, et se continue par un tube contourné pour s’ouvrir au dehors par un pore. Bile est complètement indépendante des conduits génitaux et sa fonction est seulement excrétrice.
2° La néphridie proprement dite, constituée sur le même type mais qui s’ouvre par un pavillon cilié ou néphrostome dans le segment précédan celui où débouche son orifice externe. Elle est aussi excrétrice mais peu servir parfois au transport des produits génitaux ou gamètes.
3° Le cmalimle génital, qui commence dans le cœlome par une larg ouverture, va en s’effilant et débouche au dehors au moment de la repr' duction.
4» La néphromixie, formée par le mélange d’une néphridie et d’un cam. licule génital et qui sert à la fois au transport des produits génitaux et à eelu des produits urinaires.
Comme on le voit, la question est encore assez controversée.
Les néphridies apparaissent dès le début du développement. Oi
III!?
URINAIRE DANS
L’APPAREIL EXCRÉTEUR
INVERTÉBRÉS
communiquant avec ceux du côté opposé par des anastomoses transver¬ sales aussi bien dans la tête ou scolex que dans les proglottis (fi g. 214). Ces troncs servent de collecteurs à un réseau de fins canalicules anastomosés et ramifiés dans toute l’étendue du parenchyme du corps où ils ont pour origine des ampoules ou entonnoirs clos à flamme vibratile. Les canaux longitu¬ dinaux aboutissent finalement à une petite vésicule munie d’un pore excré¬ teur et située au bord postérieur du dernier anneau. Quand celui-ci se détache la vésicule disparaît et chaque tronc latéral peut s’ouvrir directement ou
L’APPAREIL «ÜRLNAIRE
LA SÉRIE ANIMALE
IV. — NÉMATHELHINTHES
L'embranchement des N émathelminthes est maintenant réservé à, des Vers allongés, fusiformes ou filiformes, à coupe du corps cylindrique, sans métamérisation apparente, ni appendices articulés, ni vaisseaux sanguins à téguments chitine ux, dépourvus de cils vibratiles et à eœlome libre. Presque tous sont parasites et à sexes séparés ; leur extrémité antérieure est munie de papilles ou de crochets.
On les divise en deux groupes :
nage des mâchoires, c’est le cas des glandes du test, des glandes eét des Entomostracés (fig. 216). Chez les Crustacés supérieurs ou Mala< elles se localisent cependant le plus souvent daiy; le segment corres aux antennes postérieures, d’où leur nom de glandes antcnnaires. E: vent même présenter un grand développement chez les Décapodes l’Ecrevisse où on les appelle glandes vertes.
La glande verte de l’Écrevisse se compose d’une portion glandulâ prenant une partie brune terminale ou saeeule et une partie verte ( de poché anfractueuse richement vascularisée, le labyrinthe (fig. 217). vient un canal excréteur long et pelotonné, d’abord transparent, puis de
II*-!' tll
L’APPAREIL EXCRÉTEUR CHEZ LES INVERTÉRRÉS 321
glandulaire pour remplir exclusivement le rôle de canal excréteur (Unie). Finalement les orifices péricardique et externe se rapprochent tout à lait l’un de l’autre ( Poromya ). Comme dans un grand nombre d’autres groupes, l’appareil urinaire peut servir de conduit vecteur aux produits des glandes génitales, ou bien rein et organes génitaux débouchent de chaque côté sur une papille commune. Chez les Siphoniens à sinus palléal, les orifices des reins et les orifices génitaux sont presque toujours séparés.
lans la paroi des sacs une partie inférieure lisse, une partie le, glandulaire, formée de grappes de lobules ; cette dernière iessus des gros vaisseaux comme la veine cave ou grande s péritonéales ou abdominales, d’où le nom d’appewdirrs st donné (fig. 220).
t la règle habituelle, les reins des Céphalopodes communi-
msmmmsm
Ces cellules peuvent même se réunir et former dans certains cas une masse volumineuse à laquelle on a donné le nom de rein, mais cet organe ne possède pas de canal excréteur, c’est un simple rein d’accumulation.
ORIGINE ET DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL URINAIRE
CHEZ LES VERTÉBRÉS
Les Vertébrés, Chordés à cerveau subdivisé en plusieurs régions et protégé par une boîte crânienne, forment un groupe trop anciennement connu
ORIGINE
ET DÉVELOPPEMENT CHEZ LES VERTÉBRÉS 331
3» Les Euihériens ou Monoddphss, placentaires, sans membrane caduque on avec caduque, qui comprennent un grand nombre d’ordres caractérisés principalement par des modifications dues au régime alimentaire.
On distingue d’abord les Edentés, groupe inférieur assez hétérogène, à dentition souvent nulle, comme les Fourmiliers, les Pangolins, etc., les Cétacés, aquatiques, pisciformes, dont les types sont les Baleines et les Cachalots ; on en sépare aujourd’hui les Siréniens, comme les Lamantins à régime herbi-
Les Ongulés, herbivores, adaptés à la course, viennent ensuite ; ils sont tantôt à doigts impairs ou Périssodactyles comme les Bhinocéros, les Che¬ vaux, etc., tantôt à doigts pairs ou Artiodactyles, comme les Hippopotames et les Porcs, ainsi que les Buminants. Les Eléphantsou Proloseiiiens et les Homans forment chacun un ordre à part.
Un ordre fort vaste, souvent frugivore, est constitué par les Songeurs, comme les Bats, les Lapins.
w
332 L'APPAREIL URINAIRE DANS LA SÉRIE ANIMALE
les appareils urinaires primordiaux de certains Poissons et dans tons ceux
qui leur font suite dans l’ensemble de l’embrancbement.
A l’origine, chez les Vertébrés, ainsi qu’on peut le constater chez certains embryons, les iules rénaux sont des canalicules transverses, au nombre d’une paire par segment musculaire, très comparables aux néphridies des Annüides, maig implantés sur un canal excréteur commun longitudinal, le canal excré¬ teur primaire ou canal de Wolff, qui débouche de bonne heure à l’extérieur.
Au cours de la vie de l’animal, ces canalicules néphridiens se multiplient irrégulièrement faisant disparaître la métamérisation originelle et, suivant
types considérés, peuvent arriver à former jusqu’à trois orgmes différents
se suivent d’avant en arrière le long du canal commun, apparaissant
îessivement et se remplaçant dans le cours du développement ontogénique.
Ce sont :
1° Le pronépJiros, rein précurseur ou rein céphalique placé très antérieure¬ ment immédiatement en arrière des branchies ;
2° Le mésonéphros, rein primitif ou primordial ou corps de Wolf, médian ;
3° Le métanéphros ou rein définitif, le plus caudal.
Le pronéphros est transitoire chez tous les Vertébrés, le mésonéphros est l’appareil excréteur définitif des Anamniotes, le métanéphros ne se rencontre
Au lieu d’admettre la succession chez les Vertébrés de ces trois organes excréteurs différents qui se remplacent les uns les autres, on peut, d’ailleurs, supposer qu’ils ne sont que les modifications progressives d’un même appareil rénal primitif ou holonéphros qui possédait une structure semblable dans toute son étendue.
L’étude du développement ontogénique rend compte, d’ailleurs, de l’unité fondamentale des divers canalicules rénaux.
Le système urinaire dans son entier provient du feuillet moyen du blasto¬ derme, c’est-à-dire du mésoderme.
Celui-ci est constitué, d’abord, comme on sait, par deux plaques, l’une . entre lesquelles se trouve chez les Vertébrés en haut is la corde dorsale. Chacune des plaques forme une partie ne partie latérale non segmentée, la plaque latérale. Le segment primitif à son tour donne naissance au seg¬ ment primitif secondaire ou protovertebre et au pédicule du segment primitif *. Le segment secondaire, son pédicule et la plaque latérale sont continus laté¬ ralement (fig. 222, A) et consistent en une couche cellulaire externe ou soma- topleure et en une couche cellulaire interne ou splanchnopleure ; entre celles-ci se poursuit une partie du ccelome.
Les différents canalicules rénaux proviennent du pédicule. Celui-ci, en effet, pour commencer, se sépare de la protovertèbre et constitue alors un tube fermé de ce côté, ouvert au contraire dans le ccelome de la plaque laté¬ rale (fig. 222, B).
Deux cas alors peuvent se présenter :
1° Le tube passe directement dans la constitution d’un canalicule rénal
système porte rénal d’origine veineuse et qui jone le véritable rôle excréteur. Le système artériel n’a d’importance que pour la filtration qui se fait par le glomérule externe qu’irrigue l’aorte.
Le pronéphros se développe chez tous les Anamniotes, mais ne persiste Chez les Poissons, il fonctionne pendant les premiers temps de la vie sauf
ORIGINE ET DÉVELOPPEMENT CHEZ LES VERTÉBRÉS 339
grande partie chez les Mammifères supérieurs, Eutbériens ou Monodelpbes (fig. 226).
même dépasser le volume des reins eux-mêmes.
ÉTUDE SPÉCIALE DE L’APPAREIL URINAIRE DANS LES CINQ CLASSES DES VERTÉBRÉS
Dans la classe des Poissons, c’est chez les Oyclostomes qu’on rencontre l’appareil urinaire le plus simple. H est d’abord constitué par un pronéphros qui fonctionne seul, puis simultanément avec le mésonéphros pendant une période fort longue et ne disparaît à peu près complètement qu’au moment de la métamorphose chez les Lamproies.
Chez les Myxines, Poissons parasites marins anguilliformes, . on trouve antérieurement chez le jeune un pronéphros avec entonnoirs péritonéaux. Celui-ci, au moment de Information du mésonéphros, se sépare des deux canaux de Wolff qni s’étendent de chaque côté delà corde dorsale tout du long du
L’APPAREIL URINAIRE :
LA SÉRIE ANIMALE
En règle générale, les deux revus sont placés à la face supérieure de la cavité générale dans la région rachidienne. Us sont appliqués de chaque côté et en dessous le long de la colonne vertébrale. A leur face inférieure ils sont plus ou moins 'complètement couverts par le péritoine et en rapport avec la vessie natatoire. Us présentent chacun l’aspect d’un ruban de couleur rouge brun, allongé et étroit, habituellement d’une assez grande étendue. C’est ainsi qu’ils peuvent s’avancer antérieurement jusque sous la base du crâne et que chez des'Poissons allongés comme l’Anguille ils peuvent se prolonger en arrière dans l’arrière-cavité abdominale ou cavité caudale. Par contre, chez les Hippo - campes ou Chevaux-marins, ils sont relativement courts.
Les deux reins contractent souvent entre eux en différents points, et surtout en arrière, une union plus ou moins étroite, comme on peut l’observer chez la Perche par exemple (fig. 228). Le canal primaire du rein primitif reste tou¬ jours simple et forme V uretère généralement situé sur le bord interne du rein. Les deux uretères droit et gauche se réunissent le plusrsouvent près de leur terminaison en un conduit unique auquel on donne le nom d'urètre1. Us peuvent en outre se dilater en un réservoir impair, sorte de vessie qui, bien entendu, n’a rien de comparable avec celle qu’on observe chez les Allantoï- diens-. L’orifice excréteur unique se trouve derrière l’anus ; tantôt il est isolé,, tantôt il est plus ou moins réuni aux conduits sexuels et forme un pore ou est situé au sommet d’une papille uro-génitale. C’est un caractère spécial aux Vertébrés inférieurs et opposé à ce que l’on observe chez les Mammifères, par exemple, que cette disposition des orifices génito-urinaires placés dorsale- ment par rapport à la fin du tube digestif ou anus;
A noter que chez les Téléostéens les sexes sont très généralement séparés ; ' cependant, dans quelques cas (Serrans), fait unique chez les Vertébrés, il y a hermaphroditisme.
Chez les Sélaciens, le pronéphros ne fonctionne jamais et reste réduit à quelques ébauches dans certains segments de l’embryon. Le mésonéphros est en règle absolue seul fonctionnel, ce qui s’explique par ce fait que ces Pois¬ sons naissent à un état de développement très avancé.
Primitivement segmentaire, comme en témoignent encore les nombreuses incisures de son bord externe, il ne tarde pas à perdre cette disposition méta- mérique. Les néphrostomes sont, en effet, moins nombreux que les vertèbres abdominales correspondant à la cavité viscérale. H y a, d’ailleurs, de grandes différences suivant les genres, puisqu’on voit ces néphrostomes persister toute la vie (Aiguillât, Centrophore, Hexanche, Roussette), ou au contraire disparaître chez l’adulte.
Le mésonéphros se divise, chez les . Sélaciens, en une partie antérieure étroite et en une partie postérieure plus large. La seconde seule conserve un rôle urinaire, la première entre en relation chez le mâle avec le testicule. En effet, tandis que chez les Téléostéens le remal primitif du mésonéphros
reste simple, chez les Sélaciens il se divise, comme on l’a vu, en un canal secon¬
daire et en un canal de Muller. Ce canal secondaire lui-mêine reçoit dans
s Tritons ou Salamandres et
s Vertébrés supérieurs (fig. histologique, le rein est formé
canalicules urinaires, comme chez la Grenouille par exemple (fig. 232, A) Cependant chez certains Anoures comme les Disûoglossidés, le conduit séminal peut être indépendant du rein qui a alors son canal propre, particulier <fig.232,B).
Chez unEngystomatidé, le Bresiceps, le conduit séminal est unique pour chaque testicule et tous deux s’unissent pour déboucher dans les reins qui
VERTÉBRÉS
Ce n’est que dans ces le rôle physiologique de < fort importante et qui ne de situation et de dévelo;
CHAPITRE
REIN ET URETÈRE CHEZ L’HOMME
ANATOMIE, EMBRYOLOGIE ET PHYSIOLOGIE
L’appareil sécrétera de l’urine est constitué chez l'homme par deux glandes paires : les deux glandes rénales dont les deux canaux excréteurs, les uretères, viennent s’ouvrir dans le réservoir urinaire ou vessie au niveau de la région appelée trigone.
Les deux reins sont situés dans la région lombaire de chaque côté du rachis et affectent des rapports importants tant avec la paroi postérieure du tronc qu’avec les viscères abdominaux.
Les uretères sont deux longs canaux qui traversent successivement les régions lombaires, iliaque et pelvienne.
J’étudierai successivement le rein puis l’uretère en envisageant tour à tour la conformation extérieure, les rapports et la structure de ces organes .
Je terminerai par l’étude embryologique qui ne peut être divisée.
LE REIN
ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE
Les deux reins extraits de la cavité abdominale ont grossièrement la forme d’un haricot : aplatis d’avant en arrière ils présentent une face antérieure et une face postérieure, un bord externe convexe, un bord interne concave dans son ensemble et deux pôles arrondis : l’un supérieur et l’autre infé¬ rieur.
Cette forme du rein n’est pas la forme réelle de la glande en place. Celle-ci, molle sur le cadavre, s’aplatit sur la table d’amphithéâtre, mais considérée en position vraie sur des cadavres durcis par congélation ou par injection formolée, elle est un peu différente. His, qui fut un des premiers à faire ces recherches, a montré que les deux reins et surtout le gauche reposant sur le diaphragme dam leur moitié supérieure sont un peu incurvés en avant,
URETÈRE CHEZ L’HOMME
On voit que le rapport augmente pendant les premières années jusque
Cette masse rénale est d’ailleurs, comme l’ont montré les physiologistes, beaucoup plus que suffisante pour la dépuration urinaire.
Caractères du tissu rénal. — Le rein, lorsqu’il est normal et rempli de sang, est de coloration rouge foncé. Sa résistance est plus grande que celle du
foie et de la rate, cependant il se déchire facilement et on ne peut bien le
suturer qu’en conservant sa capsule propre qui forme un plan d’appui. Les reins sclérosés sont plus résistants et se suturent bien mieux.
Malgré la résistance plus grande de son tissu, le rein n’en reçoit pas moins l’empreinte d’organes beaucoup moins consistants comme le foie, la rate et l’estomac.
La consistance du rein est souvent changée, même dans des processus pathologiques peu caractérisés : les reins mobiles, les reins des néphrites hématuriques sont souvent mous et peuvent être pliés en deux, suivant l’axe transversal.
Le rein vivant est beaucoup plus souple que le rein du cadavre qui se brise facilement suivant une direction radiée parallèle à l’axe des pvra-
La coloration du rein subit aussi des variations physiologiques : rein con¬ gestionné, violacé, rein anémié pâle, ou pathologiques : gros rein blanc, petit rein rouge.
Direction et orientation des reins — ISous avons jusqu’ici consi¬ déré les reins sortis du ventre et nous leur avons distingué une face anté¬ rieure et une face postérieure, mais le rein en place présente une autre orientation : appliqué sur le flanc du rachis, son plan frontal devient oblique en arrière et en dehors de telle sorte que la face antérieure est en réalité antéro-exteme et la face postérieure postéro-inteme. Cela est surtout vrai chez l’adulte tandis que chez l’enfant, le rein, relativement beaucoup plus gros et plus bombé, remplit toute la fosse lombaire et ses deux faces sont à peu près antérieure et postérieure.
Chez l’adulte l’angle moyen que forme le plan du rein avec le plan frontal est de 45°. D’après Luschka le plan des deux reins prolongés forme un angle ouvert en arrière de 60° à 80°.
Il faut prendre certaines précautions pour bien juger de la situation nor¬ male du rein. Ainsi à l’ouverture simple d’un cadavre, les reins glissent en bas et en dehors. Il faut fixer les reins à l’aide de longues aiguilles ou mieux procéder à des coupes sur sujets congelés ou formolés.
Outre cette obliquité sur le plan frontal, les deux reins sont obliques de haut en bas et de dedans en dehors de telle sorte que leurs extrémités supé¬ rieures sont plus rapprochées que leurs extrémités inférieures (5 à 6 centimètres
D’après. Greig Smith, les axes des deux reins prolongés se coupent suivant un angle de 40° à sinus inférieur. Volkow et Delitzine ont trouvé seulement dans 3 cas un angle de 13°, 25° et 27°.
Topographie
l’aponévrose fessière.
Le tissu cellulo-adipeux une fois enlevé, on tombe sur une première couche musmdo-aponéwoUgue : c’est l’aponévrose lombaire épaisse, résistante et
nacrée et les deux musdes grand oblique et grand dorsal. De faibles adbé-
•GRAPHIQUE
TOPOGRAPHIQUE
nas prépariétàl et so profonde, l’autre suj
ANATOMIE. TOPOGRAPHIQUE
i? 11
iwî
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asidérable
REIN ET URETÈRE
L’HOMME
pyramides du pôle supérieur et du pôle inférieur et une longue bande de tissu cortical.
Si l’on fait 2 coupes parallèles à la première, une en avant, l’autre en arrière, on sectionne ainsi les 2 séries de pyramides antérieure et postérieure. Si nous examinons une série de coupes horizontales nous voyons ordinaire¬ ment 2 séries de pyramides : l’une antérieure plus grosse, l’autre postérieure, plus petite, subdivisées en pyramides secondaires : exceptionnellement 1 peut y avoir une 3e pyramide, mais elle se rattache à l’un des deux systèmes antérieur ou postérieur. Au niveau des pôles l’aspect de la coupe est diffé¬ rent; les pyramides se rangent tout autour du sinus pour aboutir à la papille supérieure. On peut voir également la disposition des pyramides sur la série de nos coupes sagittales.
De tout ceci il faut conclure que les pyramides sont orientées à la partie moyenne par rapport aux faces du rein en série antérieure et série postérieure et au niveau des pôles en 2 bouquets composés répondant aux extrémités des 2 grands calices.
La zone corticale. — n est facile de comprendre la disposition du tissu cortical, quand on connaît celle des pyramides. Le tissu cortical remplit tout l’espace compris entre la base des pyramides et la surface du rein ; en outre il comble tout l’espace compris entre les pyramides jusqu’au sinus, enfin il pousse des prolongements entre les pyramides simples insérées sur une même papiüe.
On appelle colonnes de Bertin primaires les régions comprises entre les pyramides et qui apparaissent dans le sinus sous forme de bourrelets, que nous avons décrits. On appelle colonnes de Bertin secondaires les prolongements qui s’enfoncent entre 2 pyramides sans atteindre le sinus.
En général il existe une colonne de Bertin principale qui court dans le plan médio-frontal entre la série antérieure et la série postérieure des pyra¬ mides. Perpendiculairement à eelle-ei il existe une série de colonnes primaires qui séparent l’une de l’autre les pyramides de ces 2 séries et les 2 pyramides
Ordinairement il existe à mi-hauteur du rein une saillie plus marquée qui tend à séparer le rein en deux moitiés et qui subdivise le sinus.
Les. colonnes de Bertin sont plus larges du côté du sinus et se rétrécissent au niveau de la base des pyramides où elles sé continuent avec lè reste de.
Les colonnes de Bertin secondaires s’enfoncent plus ou moins entre les pyramides primaires, elles sont plus larges à la périphérie qu’à leur som¬ met qui se termine en pointe.
Divisions du tissu rénal dans la pyramide. — Sur une coupe frontale la pyramide apparaît formée de 2 zones bien distinctes : la zone interne plus claire ou zone papillaire et la zone externe ou limitante plus foncée : cette, division a été bien indiquée depuis longtemps par Ludwig.
1“ Zone ■papillaire. — Elle répond à la papille rénale et présenté une hauteur de 6 à 8. millimètres. Sur une coupe elle présente des stries peu
son glomérule. On peut appeler lobnlin rénal le système formé par un tube excréteur avec les systèmes urinipares qui lui sont appendus.
Le lobe rénal a pour centre la pyramide de MalpigbL
Le lobule rénal : la pyramide de Ferrein.
Le lobnlin rénal : le tube excréteur.
bassinet ou pelvis.
Beprenant la description en sens inverse, en partant de l’uretère, suivant l’ordre du développement je décrirai d’abord le bassinet, puis les grands et les petits calices.
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/) Le groupe aortique que la plupart des auteurs considèrent comme gagner la capsule adipeuse.
g) Le groupe diaphragmatique est formé par la branche de la capsulaire supérieure qui se jette dans l’are exo -rénal.
Ces différents groupes vasculaires s’anastomosent dans l’épaisseur de b capsule adipeuse : l’arc exo-rénal n’est que la principale de ces anastomoses.
terminales. — A une distance variable de son origine qui est en
Branches
polaire supérie
s pré et rétro -pyéîiques ; artèri* pré-pyéliques
Cependant et malgré le témoignage apporté par des hommes comme Crtjveilhier et ChÆPY, il apparaît comme certain que les artères du rein sont bien terminales. C’est là un point si important de l’anatomie de la glande
Depuis longtemps Hyrtl avait montré que les artères du rein ne s’anasto¬ mosent ni autour ni à la base de la pyramide. 31 fondait son opinion sur des pièces obtenues par corrosion. Nous donnons ici la reproduction d’une de ces pièces.
C’est l’opinion soutenue par beaucoup d’anatomistes allemands comme Disse, Golubew, etc.
Béraud et Destot en 1897 ont montré à l’aide de la radiographie la termi- aalité des artères du rein et ont confirmé leurs conclusions par de nouvelles
454 REIN: ET URETÈRE CHEZ L'HOMME
Ainsiles glomérules sont attachés à l’artère radiée par un court pédoncule comme des pommes à une branche.
Chaque artère interlobulaire fournit à 3 lobules voisins au moins. H y a donc peu d’individualité dans le lobule rénal puisqu’il reçoit ses glomérules de plusieurs artères.
Les artères radiées présentent parfois quelques rameaux qui ne sont pas chargés d’un glomérule et qui se divisent simplement dans le labyrinthe.
La plupart se_terminent sous la capsule du rein. D’autres, beaucoup plus rares, perforent cette capsule et se mettent en rapport avec les artères de la capsule graisseuse.
La couche de tissu rénal qui avoisine immédiatement la capsule ne contient pas de glomérules.
îï!!!:
URETÈRE CHEZ L’H
Contrairemént aux artères homologues, les veines arquées reçoivent des branches par leurs deux faces : par leur face convexe les veines corticales, par leur face concave les veines médullaires.
2° Les veines de Vécorce. — Les veines collectrices de l’écorce sont les veines interlobulaires ; elles sont de deux sortes :
a) Les unes naissent sous la capsule d’une de ces formations étoilées appelées étoiles de Yerheyen. Ce ne sont pas les plus nombreuses. Les
LES VAISSEAUX
! calice de ]
: péripapillaires.
(groupe
1» Vaisseaux profonds, satellites des vaisseaux du rein : a) Groupe antérieur : ganglions situés en avant de la, veine cave jnxta-aortique droit) ;
&) Groupe postérieur : ganglions situés derrière la veine cave sur le pilier droit du diaphragme.
2° Vaisseaux superficiels capsulaires :
a) Groupe supérieur : ganglion situé près du pôle supérieur, derrière la
J) Groupe moyen : ganglion rétro-cave ; e) Groupe inférieur: ganglion situé derrière le hile.
A gauche:
1° Vaisseaux profonds.
D’Evant a signalé de nombreux renflements ganglionnaires sur le trajet des plexus péri-artériels, rarement sur le trajet des plexus péri-canalieu-
hm
la paroi pelvienne.
Dans le plan sagittal l’uretère présente 3 courbures : à l’origine dans la région lombaire supérieure suit la saillie des vertèbres. Au niveau de la région sacro-iliaque, l’uretère franchit les gros vaisseaux et décrit une courbe à concavité postérieure. Enfin dans le petit bassin l’uretère décrit un arc à concavité antéro-supérieure.
Ces différentes courbures se combinent entre elles : ainsi dans le bassin la direction générale dé l’uretère est concave en baut, en avant et en dedans.
Le changement de direction le plus marqué se fait au niveau des gros vais-
î qu’à gauche.
e autre différence du sexe féminin, c’est le trajet plus complexe de ère pelvien. H décrit deux courbes successives : l’une pariétale, concave
.m — REIN JET UfLEXÉRE CHEZ L’HOMME
• Divisions de l’deetèee. — H est- d’usage de décrire à l’uretère trois segments : lombaire, iliaque et pelvien. Cette division, qui est fort naturelle mérite d’être conservée : quelques auteurs ont supprimé le segment iliaque rattachant sa moitié supérieure au segment lombaire et sa moitié inférieure au segment pelvien ; le segment iliaque a une existence propre, des rapports particuliers, une voie d’abord spéciale : il vaut mieux toutefois l’appeler segment sacro-iliaque, car c’est surtout sur l’ailéron du sacrum que repose le conduit urétéral.
J’étudierai les.rapports.de l’uretère dans chacune de ces trois régions.
1° Région lombaire. — Il convient d’abord de préciser le plan dans lequel* est logé l’uretère par rapport au péritoine.
L’uretère est situé sous le péritoine dans une gaine spéciale formée par
deux feuillets sous-péritonéaux qui sont la continuation des feuillets pré et rétro-rénaux et qu’on peut appeler feuillet pré-urétéral et feuillet rétro-uré¬ téral. Cette gaine très large, où l’uretère est très mobilisable, ne doit pas être confondue avec la gaine vasculaire de l’uretère qui n’est autre chose que la lame de tissu conjonctif contenant les vaisseaux urétériques et entourant l’uretère. Or les deux feuillets pré et rétro -urétéraux sont soudés l’un à l’autre de part et d’autre de l’uretère et le feuillet pré-urétéral renforcé par les fascias d’accolement du méso -côlon ascendant à droite, descendant à gauche, est adhérent au péritoine.
Quand on a incisé la paroi musculaire en arrière de l’uretère, le doigt tombe dans le tissu celluleux rétro-urétéral et refoule en avant le péritoine et l’uretère avec les deux feuillets pré et rétro-urétéraux. Il se passe ici la même chose qu’au niveau du rein qui est refoulé en avant avec toute sa capsule
C’est ainsi qu’on a pu dire que l’uretère adhère au péritoine, ce qui est prati¬ quement vrai mais anatomiquement faux : il suffit d’inciser le feuillet posté¬ rieur de la gaine de l’uretère pour voir que ce conduit n’adhère pas à la séreuse.
Dans la région lombaire l’uretère chemine ainsi dans sa gaine entre le plan musculaire et le péritoine, sous lequel il fait une saillie bien visible sur le
vivant sauf chez les sujets gras oh le tissu adipeux le cache à la vue. En ar¬
rière l’uretère repose donc sur le psoas iliaque, assez près de ses insertions aux corps vertébraux : il croise le tendon du petit psoas qui renforce en avant la gaine aponévrotique du psoas iliaque. Plus profondément l’uretère répond
aux apophyses costiformés et enfin à la masse sacro-lombaire. Entre le psoas
L’URETÈRE
inférieur du rein mais bien derrière Effet l’on voit souvent une sorte d’em¬ preinte ou de légère gouttière marquée sur le parenchyme rénal par le trajet du conduit.
On a décrit un véritable méso réno-urétéral. Cette formation n’a rien de spécial : entre le rein et l’uretère les feuillets pré et rétro-rénal s’accolent avant de venir engainer l’uretère : entre eux il y a un peu de tissu cellulaire contenant des veinules et des lymphatiques : en tirant un peu le rein en dehors on tend cette lame réno-urétérale.
Au-dessous du rein le bord externe de l’uretèrè longe le bord interne des côlons.
A droite le rapport est intime : le côlon ascendant est plus gros et il est prérénal. Quand il est distendu il peut venir recouvrir l’uretère,
A gauche le côlon descendant est loin de l’uretère, il est toujours moins volumineux et son trajet est pararénal.
En avant l’uretère est séparé du péritoine par un certain nombre d’organes sous-péritonéaux.
C’est d’abord le duodénum à droite qui, -par son segment vertical pré¬ rénal descendant jusqu’à la quatrième lombaire,1 cache la partie supérieure de l’uretère droit. A gauche la quatrième . portion et l’angle duodéno-jéjunal peuvent recouvrir l’uretère, mais ils restent souvent en dedans de lui.
Ce sont ensuite deux plans vasculaires :
lo Plan des vaisseaux spermatiques ou.utéro-ovariens : le plus postérieur. Dans sa descente la glande sexuelle entraînant ses vaisseaux croise par-devant l’uretère qui monte à la région lombaire.
Les artères spermatiques d’origine aortique croisent l’uretère à la même hauteur des deux côtés en regard de la troisième eôstiforme.
Les veines au contraire sont asymétriques. La droite qui va à la veine cave inférieure suit l’artère homonyme, et croise l’uretère au même point.
La gauche qui se rend à la veine rénale a un trajet vertical, longe l’ure¬ tère sur une certaine longueur et le croisé seulement tout près de son origine.
2° Plan des vaisseaux de l’intestin :1e plus superficiel. L’accolement des méso-côlons à la paroi abdominale postérieure applique les vaisseaux côliques au-devant de l’uretère sous le péritoine. Ces vaisseaux sont asymétriques.
A droite l’artère côlique droite ou branche droite de la mésentérique supé¬ rieure croise seule l’uretère, accompagnée de la veine homologue. Ce croisement se fait à la partie inférieure de la région lombaire (4e lombaire).
A gauche les rapports sont plus compliqués. Le tronc de la mésentérique supérieure né au niveau de la 3e lombaire descend obliquement en dehors et finit par atteindre l’uretère au bord inférieur de la 4e lombaire tout en restant en dedans de lui.
La grosse veine mésentérique inférieure qui l’accompagne glisse entre elle et l’uretère, mais remonte beaucoup plus haut presque jusqu’à l’origine de l’uretère pour aller rejoindre la veine splénique.
A la hauteur de la 4e lombaire l’artère mésentérique donne l’artère côlique gauche dont le trajet d’abord ascendant vient couper la face antérieure de l’uretère : elle est accompagnée d’une grosse' veine côlique gauche.
2° Portion sacro-iliaque. — L’uretère repose sur l’aileron
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ordinairement à distan
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longitudinaux et les antres circulaires si conciles isolées. Ces fibres s’entre-croisent la vessie. Les faisceaux longitudinaux l’épitbélium et à la périphérie de la paroi; les
puisse distinguer dem comme les muscles d
ilongitudi
. distinctes.
URETÈRE
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sqnels débouche
L'URETÈRE
veillé capsulaire i
grande azygos formée par la- lombaire ascendante perfore le diaphragme à ce niveau derrière la glande, ainsi quele grand sympathique lombaire, sul-de-sac pleural.
réno-diaphragma ne paraissent pa
iPSULES SURRÉS
m
URETÈRE CHEZ L’HOMME
La graisse est caractéristique de la corticale surrénale : on la retrouve chez tous les vertébrés, d’où le nom de substance lipogène donné à la substance corticale par Lagtjesse.
Cette graisse remplit des alvéoles de la cellule que Geieysse pensait remplis de liquide. Il y a deux espèces de graisse : une graisse ordinaire indélé¬ bile, colorée en noir par l’acide osmique et une graisse labile colorée en bistre par l’acide osmique (Mtjlon) et qui se dissout facilement dans le xylol, le baume du Canada, etc.
substance qui est d’abord indélébile et devient ensuite labile (Bernard
etBlGAED).
Or cette substance présente les caractères chimiques des lécithines. Cette graisse serait donc une lécithine ou tit>a substance riche en lécithine.
Le 'pigment signalé par Geandey et Stilling se trouve surtout dans la couche interne ou réticulée. Très important pour certains auteurs (MuloN) il n’èst qu’un élément secondaire pour d’autres (Diahaee, BonnamoüR, Beenabd et Bigaed) ; il n’existe pas constamment; d’après Diamare, ü n’est même pas normal chez l’homme, mais ne s’y trouve qu’à l’état séulle ou pathologique.
Il se présente sous la forme de taches ocre ou bistre qui tantôt sont isolées et tantôt réunies en amas.
Son origine est inconnue, lltioy, Diamaee et BosîtAMOPH pensent qu’il a des liens de' parenté avec la graisse. Pour MuLOït sa formation est liée à la destruction des toxines.
inféro-inteme de la glande.
Ces trois artères sont assez constantes : la surrénale inférieure est celle qui peut manquer le plus souvent : elle peut être remplacée par un rameau per¬ forant issu du parenchyme rénal.
Plus souvent on observe des artères surrénales supplémentaires. La dia¬ phragmatique peut donner plusieurs rameaux. Il peut aussi y avoir plusieurs branches aortiques.
Anormalement des capsulaires peuvent provenir de la spermatique (cas fréquent), des lombaires, du tronc cœliaque, de la mésentérique supérieure.
Les artères forment à la périphérie de la glande un réseau assez serré situé dans la capsule fibreuse, réseau à larges mailles anastomosé avec le réseau sous-diaphragmatique et celui de la capsule adipeuse du rein.
Du réseau péricapsulaire partent des branches qui sont de deux sortes :
1° Artères courtes ou corticales qui pénètrent dans la substance corticale,
518 REIN ET URETÈRE CHEZ L’HOMME
des ganglions sympathiques de cellules spéciales que Soulié a appelées
cellules parasympathiques. Ces cellules en proliférant forment des cordons
irréguliers qui se mettent en rapport avec l’ébauche corticale et Tout la
pénétrer.
3” Pénétration des deux établies. — Les deux ébauches complètement séparées chez les vertébrés inférieurs, accolées dans les espèces plus élevées, se pénètrent complètement chez les mammifères.
L’ébauche parasympathique s’enfonce au centre de l’ébauche corticale.
PHYSIOLOGIE RÉNALE
Par le Dr AMBARD
. Le lecteur trouvera la physiologie rénale dans deux volumes successifs de cette encyclopédie. Le plan de l’ouvrage et la clarté de l’exposé ont néces¬ sité cette division. Il convenait, après avoir exposé dans le premier volume de l'ouvrage l’anatomie et l’histologie du rein, de donner un aperçu de l’usage de ses diverses parties. Mais il suffisait de le traiter d’une manière générale à la manière des traités de Physiologie. Dans le second volume qui concerne spécialement l’exploration des fonctions rénales il convenait de rappeler au lecteur ce que la physiologie nous donnait d’utilisable au point de vue cli¬ nique. Nous devions donc dans ce volume serrer de très près les données physiologiques expérimentales et par conséquent reprendre à un point de vue pratique ce qui n’avait été envisagé qu’à un point de vue doctrinal. Nos deux chapitres de physiologie ne feront’ donc pas double emploi. Dans le premier volume, nous exposerons les problèmes généraux de la physiologie rénale, dans le second volume nous ferons un bilan de ses acquisitions.
Sous leur multiplicité apparente, les divers problèmes qui ont été envisagés dans la physiologie rénale se résument en définitive en trois problèmes principaux : 1° le rein est-il une glande ou un filtre ; 2° quel est le rôle du système nerveux ou de la composition du sang dans la sécrétion rénale ; 3° quel est le rôle respectif des glomérules et des tubes.
On peut dire que le premier de ces problèmes a passionné tous les auteurs depuis 1840 jusque vers 1895. Cette passion a son origine dans l’esprit même avec lequel les expérimentateurs ont abordé l’étude du rein. Etait-on vitaliste % il fallait démontrer que le rein était une glande ; était-on méca¬ nicien % il fallait démontrer qu’il était un filtre. On opposait ainsi la biologie à la physique à l’occasion du rein comme on l’opposait à propos d’ailleurs de beaucoup d’autres organes. Mais pour le réin la lutte fut plus chaude que pour n’importe quel autre organe, car la sécrétion rénale apparaissait simple à
La différenciation sexuelle des organes dérivés du tubercule génital com- mence vers la neuvième semaine.
Chez le fœtus mâle, le tubercule génital augmente de longueur et de volume; il forme la portion pénienne et balanique de la verge, tandis que les bourrelets
• -J- - Tière avec le périnée abaissé, forment les
bourses. Les bords de la
lets latéraux demeurent indépendants de chaque côté de la gouttière uro¬ génitale et forment les grandes lèvres.
Dans certaines no-
cbez la femme, formeront les petites lèvres et, chez l’homme, en s’unissant ils formeront l’urètre, tandis que les bourrelets génitaux sont plus externes ceux-là mêmes signalés plus haut, qui forment les grandes lèvres chez la femme et le scrotum chez l’homme. Les termes de plis génitaux internes et de plis génitaux ext '
V. La vessie est tapissée par l’épithélium cloacal endodermique, qnij à partir de la fin du 1er mois, augmente rapidement de volume ; elle est abdo¬ minale ; plus tard elle descend et acquiert sa situation pelvienne définitive vers la fin de la 2e année. Le segment supérieur de l’ouraque s’oblitère vers le 5e mois ; son segment inférieur persiste et s’ouvre dans la vessie. Les artères ombilicales s’oblitèrent de haut en bas (Ch. Robin) dans lècou- • rant du 11e mois.
?emï
L 'orifice urétral on méat vésical de l’urètre présente en général l’aspect d’un hiatus transversal, quelquefois d’un orifice circulaire ; c’est le point déclive et fixe de la vessie ; sa lèvre postérieure est quelquefois saillante et forme la luette vésicale.
Les deux orifices urêtériques affectent l’aspect de petites fentes, parfois
a gauche
Connexions immédia¬ tes. _ Moyens de fixité.
— La vessie est solidement fixée par sa base, rattachée ' ’ paroi abdominale an-
M
transversalis
cernent vers le haut du cul-de-sac prévésical : après incision des plans mus- culo-aponévrotiques, on plonge l’index dans le bassin, au ras de la symphyse et, avec le doigt, on refoule vers l’ombilic la graisse prévésicale ët le eul-de-sac péritonéal.
b) Régions latérales. — La face antérieure de la vessie pleine, dans sou segment abdominal rétro-pariétal, ne se met pas seulement en rapport avec les plans de la ligne médiane et de la région paramédiane ; lorsque le réser¬ voir urinaire est distendu, le segment de la face antérieure qui confine à la face latérale entre en rapport aussi à droite et à gauche avec lés régions du canal inguinal et de l’anneau crural, si intéressantes par la diversité des her¬ nies qu’on y rencontre. Sous allons les rappeler sommairement.
La ligne qui sépare ces deux régions l’une de l’autre est l’arcade crurale, oblique en bas et en dedans vers l’épine pubienne, à laquelle elle se fixe. Au- dessus est la région inguinale, portion basse de la paroi abdominale daté-
iifïifi m
inférieure ou base de la vessie est, avec la face antérieure, la partie la plus intéressante du réservoir urinaire au point de vue de l’anatomie pratique, eu raison de ses connexions avec la prostate, les vésicules séminales, le canal déférent et, plus loin, le rectum.
On la subdivise en deux régions. L’une antérieure et inférieure, prosta¬ tique, dite quelquefois région du col de la vessie. L’autre postérieure et supérieure, vésiculo-déférentiellè, dite quelquefois région du bas-fond vési¬ cal.
Elle répond à son centre au trigone, mais en déborde les limites notable¬ ment, surtout en haut et en arrière. Le triangle du trigone forme comme un triangle plus petit, inscrit dans le triangle de la face basilaire de la vessie, les
aut et en arrière, l’angle intervésieulo-séminal. pparaît à la base au-dessus du point de pénétration de
I la i
petite artère venue de la honteuse interne correspondante; c’est elle que ce tronc artériel périnéal prend part à l’irrigation de la vessie, honteuse interne est plaquée contre la branche isehio-pubienne, avec veines et le nerf honteux, dans l’épaisseur du plancher uro-génital: pour aborder la vessie, la vésicale antérieure ascendante est donc obligée de perforer le feuillet supérieur du plancher uro-génital, quelquefois le releveur près de son bord antérieur, et de monter dans le bassin au-devant de la prostate.
.
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STRUCTURE DE LA VESSIE 583
ont pu se rendre compte que la vessie occupe cette situation seule¬ ment quand elle est dilatée: elle fait alors saillie sur la paroi abdominale, à droite ou à gauche de la ligne médiane. Au contraire, quand elle est vide, elle se cache derrière la symphyse.
Vessie pendant l’accouchement. — Pendant l’accouchement, si la tête n’est pas engagée, une petite quantité d’urine reste derrière la sym¬ physe, occupe la ligne médiane et déborde peu l’arc pubien.
ilais quand la tête s’engage, la- vessie quitte la ligne médiane, se porte laté¬ ralement et plus souvent à droite. Le degré de latéralité de la vessie n’est pas toujours le même pour les phases correspondantes de l’accouchement. H dépend aussi du volume de la partie engagée, de la grosseur de l’enfant, de l’épaisseur des parois vésicales et de la quantité d’urine.
ire plus épaisse vers la plus pâles ; une eouch longitudinale interne
interne, profonde, plexifm ui n’apparaît que elles l’adi faisceaux hypertrophiés di
Ces descriptions sont, on le conçoit, toutes artificielles. X plans musculaires de la vessie envoient entre eux des anastona
îiiii
; des plexus
IV
PHYSIOLOGIE
La vessie reçoit Farine des reins par les uretères et la rejette au bout d’un temps variable par l’urètre. L’acte par lequel l’urine est expulsée de la vessie est la miction. îsTous étudierons la physiologie vésicale avec quelques détails, en vue surtout des applications pratiques qui en découlent.
Accumulation de l’urine dans la vessie. — L’arrivée de l’urine dans la vessie ne se fait pas goutte à goutte, bien que la sécrétion rénale soit continue et Blaxdin a le premier bien montré que cet écoulement- auto¬ matique est intermittent : une goutte fous les quarts de minute environ,
CHAPITRE IV
PROSTATE
EMBRYOLOGIE, ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
Par les D» Henri R1EFFEL ef Pierre DESCOMPS
STRUCTURE Par le Dr AUBARET
EMBRYOLOGIE (Voir p, 527).
II
ANATOMIE
Définition. — La prostate est an organe glanduleux, annexé à l’urètre masculin, qu’elle entoure dans son segment pelvien initial; celui-ci porte, de ce fait, le nom d’urètre prostatique. Constituée essentiellement par des Bour¬ geons glandulaires issus de l’urètre, elle forme un organe de texture com¬ plexe, qui est le centre d’une région appelée région prostatique. C’est une formation qui se rattache à l’appareil génital, qui suit l’évolution de tout cet appareil et qui, en particulier, se modifie avec l’âge.
Après l’avoir étudiée chez l’adulte, ü faudra l’envisager chez le nouveau-né, à la puberté, et enfin chez le vieillard.
I. — PROSTATE CHEZ L’ADULTE
Description. — Situation. — La prostate est située dans la partie antéro- inférieure du bassin, en arrière de la partie inférieure de la symphyse pubienne, au-dessus du périnée mais à son contact, au-dessous de la vessie, au-devant Se Tâtnpoule rectale.
Forme et configuration extérieure. — Elle a la forme d’un cône ren¬ versé, à sommet inférieur, aplati d’avant en arrière. H est classique de la comparer, depuis Winslow, à un marron' d’Inde, mais il est commode de la ramener à une forme schématique géométrique et c’est ainsi qu’on lui décrit en général : une face supérieure élargie ou base ; une face antérieure ; deux
riîri
STRUCTURE DE LA PROSTATE
sième et quatrième paires et de l’anastomose qui les unit. Ces dernières se dirigent d’arrière en avant-, parallèlement au plexus hypogastrique en dehors duquel elles sont situées ; elles sont, dans leur trajet, intermédiaires aux fibres myéliniques vésicales, qui sont en avant, et aux fibres rectales, qui sont en arrière. BEes arrivent ainsi, portées en grande partie par les aponévroses sagittales, au plexus nerveux qui entoure la prostate et qui, formé par la réunion de ces diverses catégories de fibres convergentes, est appelé plexus prostatique.
Sur ce plexus, on a signalé des ganghons : gahghon de MuUer, ganghon de Beinert.
Du plexus prostatique partent des rameaux qui pénètrent dans la prostate et s’y distribuent.
II. — PROSTATE CHEZ L’ENFANT
La masse prostatique a la forme d’un fer à cheval à concavité antérieure et inférieure : eUe n’entoure pas encore complètement l’urètre et la face antérieure de ce canal est Ebre.
III. — PROSTATE CHEZ LE PUBÈRE
Au moment de la puberté, la masse glandulaire se développe en même temps que les testicules et l’ensemble du tractus génital : les culs-de-sac des glandes prostatiques s’accroissent, écartent les éléments du stroma, la masse glandulaire grossit à droite et à gauche et s’avance surtout en bas, vers le périnée, au-devant de l’urètre.
IV. — PROSTATE CHEZ LE VIEILLARD .
Vers 50 ans, au contraire, c’est le stroma qui prend un plus grand dévelop¬ pement et entraîne une hypertrophie de la masse prostatique. Il ne faut pas confondre cette hypertrophie sénilej interstitieHe, avec l’adénome de la glande, formation néoplasique développée aux dépens de la portion glandu¬ laire. On admet aetueHement, rappelons-le, que cet adénome siège presque toujours daug les glandes urétrales supérieures, intra-sphinctériennes, et non dans la prostate elle-même.
III
STRUCTURE
fgÈÊb,
A mesure que la glande tubuleuse primitive s’< secondaires se sont garnis de bourgeons épit véritables acini glandu-
Iaires-Aussiladiseussion g, . - ^
entre les partisans de la 4
cens de la disposition t- • • alvéolaire est-elle plus .fit
% j . *'> . ..
rlf
de jonction dite angle sous-pubien ou mieux angle périnéal de l’urètre.
C’est à la jonction des deux dernières portions que se trouve la courbure •dé jonction dite angle prépubien ou mieux angle pénien de l’urètre, répon¬ dant à l’insertion sur la verge du ligament suspenseur.
L’urètre décrit donc une double courbure; il a la forme d’une S renversée, ses deux courbures étant orientées en sens inverse. La courbure postérieure, qui a pour sommet l’angle périnéal, regarde en haut et en avant. La cour¬ bure antérieure, dont le sommet répond à l’angle pénien, regarde en bas et en arrière. De ces deux courbures la postérieure est relativement fixe, l’anté¬ rieure est au contraire mobile et s’efface au cours de l’érection ou lorsqu’on élève la verge.
En somme l’urètre présente successivement trois segments au point de vue topographique : segment pelvien, segment périnéal, segment pénien.
Terminaison. — Le méat urinaire, où se termine normalement l’urètre, est situé à l’extrémité de la verge, renflée en une masse érectile volumineuse, le gland ; il présente une orientation variable selon les sujets, mais, d’une manière générale, occupe le pôle antérieur du gland.
Configuration extérieure. — Le canal de l’urètre dans sa première portion (3 centimètres) est entouré par la prostate, en sorte qu’il fait partie
URÈTRE CHEZ L’HOMME 635
s’ouvrir non au sommet du gland mais à sa partie inférieure. Enfin, parfois, a ne se continue avec l’urètre qu’à sa partie inférieure et le déborde en
La fente de l’urètre est encore verticale à la coupe dans toute l’étendue du gland : cependant, vers la base du gland, à la partie inférieure de cette fente
verticale on voit apparaître nne fente horizontale, d’où la forme d’un T ren¬ versé (i) que présente l’urètre à ce niveau.
Peu à peu cette fente horizontale augmente, la fente verticale disparaît ; si bien que, dans la portion pénienne, l’urètre ne sera représenté à la coupe que par une simple fente horizontale.
Au niveau du périnée superficiel, en particulier du bulbe, les deux lèvres sont écartées par du mucus, la fente transversale devient un ellipsoïde aplati, ou une sorte de losange à grand axe transversal.
Au niveau du périnée moyen et du périnée profond, c’est-à-dire de la portion membraneuse, l’urètre prend la forme d’une fente circulaire : cela par
Au rétrécissement de la portion membraneuse fait suite la dilatation pros-
Enfin l’urètre se termine par un dernier point rétréci, répondant au col de la vessie.
En résumé l’urètre présente quatre segments rétrécis : le méat balanique, la portion pénieune, le collet du bulbe, le méat vésical ; et trois segments dilatés : la fosse naviculaire, le cul-de-sac du bulbe, la dilatation prostatique.
La portion de l’urètre qui est située entre le rétrécissement du méat bala¬ nique et le rétrécissement périnéal du collet du bulbe, ou rétrécissement de l’urètre membraneux, porte le nom d’urètre antérieur; elle répond à l’ürètre pénien et à la majeure partie de l’urètre périnéal, en somme à l’urètre spon¬ gieux. La portion qui es£ située au-dessus, c’est-à-dire entre le rétrécisse¬ ment du collet du bulbe, ou de l’urètre membraneux, et le rétrécissement du méat vésical, porte le nom d’urètre postérieur ; elle répond en majeure partie à l’urètre pelvien, c’est-à-dire à l’urètre prostatique. Cette distinction est très importante en pathologie urétrale.
On donne quelquefois le nom d’urètre antérieur à l’urètre uro-génital sous-montanal et celui d’urètre postérieur à l’urètre urinaire sus-montanal, le premier dérivé du sinus uro-génital, le second du bourgeon génital (voir p. 530). Ce point de vue embryologique ne doit pas être confondu avec le
s fibres musculaires transversales pré-urétrales. confondre avec l’aponévrosê qui tapisse la face isceaux les plus antérieurs du releveur ; ces faisc
s l’interstice des dein pelviens pré-urétro-;
L’HOMME
. Pathologiquement, de nouvelles modifications -sont apportées à l’urètre du vieillard par les troubles de l’hypertrophie prostatique : déformations variables suivant le lobé hypertrophié, entraînant d’une part une couâure dans le sens transversal, ou plus souvent une eoüdure de la paroi postérieure
l’urètre prostatique et de l’urètre membraneux de l’homme.
Ï1 est oblique en bas et en avant, presque vertical, plus vertical que le vagin dont il suit du reste les divers mouvements. H est presque rectiligne : durant la grossesse il décrit une courbe à convexité postérieure. H mesure en moyenne 30 millimètres, avec des chiffres extrêmes de 25 millimètres et de 50 millimètres.^ Son calibre est de 8 millimètres, mais il est très ddatabte,
qui lui donne un aspect fuselé.
Le méat interne, circulaire, est immédiatement suivi d’une courte portion transvésicale ou intra-pariétale de l’urètre, l’ensemble constituant ce que l’on pourrait, comme chez l’homme, appeler le col vésical. Ce méat se projette
épithélium caractéristique
cuité, elle offre d< qui s’effacent qua conduit est dilaté
épithéliu
stratifié.
disposé
rficielle, de l’épithéüu
at, l’épithélium < cellulaire la plus
immmm iiiitii
STRUCTURE
URÈTRE
C’est le sphincter strié de l’nrètre qui joue an moment de: l'éjaculation le rôle capital ; fortement contracté, il se relâche et aussitôt le sperme sons tension s’échappe au dehors. Il est projeté avec d’autant plus de puissance que les muscles lisses ont donné aux liquides accumulés une plus haute tension et que le canal est plus largement ouvert. Mais ce relâchement du sphincter est intermittent, à peine relâché il se contracte à nouveau, pour se relâcher encore aussitôt : d’où le rythme imposé au jet spermatique dans son pas¬ sage par saccades à travers l’anneau contractile sphinctérien. Le bulbo- caverneux,dit « aceelerator urinœ et seminis», ne joue qu’un rôle très acces¬ soire ; il est, comme les ischio-caverneux, un compresseur du tissu érectile qu’ii recouvre.
L’intégrité anatomique du segment prostatique de l’urètre est nécessaire pour que l’éjaculation se fasse dans des conditions favorables.
Les. nerfs sensibles de ce segment de l’urètre sont les voies centripètes du réflexe. Le centre éjaeulateur est situé à la partie inférieure de la moelle lombaire. Les nerfs centrifuges sont les nerfs moteurs qui se rendent aux vésicules séminales, à l’ampoule du déférent (nerfs sympathiques d'origine lombaire), au sphincter ùrétral et au bulbo-cavemeux (nerf honteux interne d’origine sacrée).
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE PBEMIEB
ÉTUDE DES URINES
NORMALES ET PATHOLOGIQUE
pathogènes. La tuberculose, la morve, la peste, le charbon, la fièvre de Malte, la blennorrhagie, etc... peuvent s’accompagner d’une élimination analogue. Aussi, lorsqu’il s’agira de manipuler une urine quelconque, le médecin,
scopie. — Si dans un liquide pur on fait dissoudre 'un composé solide, liquide ou gazeux, on constate que la dissolution, obtenue sous l’influence d’une réfrigération énergique, se congèle à une température notablement infé¬ rieure à celle du point de congélation du dissolvant pur. L’étude des lois qui découlent de ce phénomène et les méthodes usitées pour la mesuré des points de congélation constituent ce qu’on appelle la cryoscopie.
Au point de vue qui nous intéresse, il faut retenir que, pour les solutions étendues, l’abaissement du point de solidification est, comme la pression
PATHOLOGIQUES
3 Balthazard
En simplifiant, <
liques acides au tournesol, et les phosphates bimétalliques alcalins pour le même réactif. La détermination de la réaction en présence de phénolphta- léine permet au contraire de trancher la question.
2o Avec U pUnolphtaléine. — Ce procédé exige comme réactif : a) Une solution alcoolique de phénolphtaléine à 1 p. 100 ;
En multipliant ce chiffre n par 100 et par 0sr, 00585, c’est-à-dire par 08r,585, on aura, exprimée en Cütfa, la teneur en chlorures d’un litre d’urine. Si cette dernière a été diluée à moitié, au tiers ou au quart, le résultat doit être multiplié par 2,3 ou 4.
ferment de la globuline, il est nécessaire, pour avoir un filtratum clair, de porter le mélange au B. M. pendant 10 minutes ou 1/4 d’heure et de compléter le volume après refroidissement. Le dosage comparatif après incinération démontre que l’albumine n’apporte aucun perturbation dans le titrage. Il est utile, enfin, de faire remarquer que dans ce procédé, lorsqu’on a saturé le liquide par l’ammoniaque, les phosphates terreux forment un précipité floconneux mais léger et qui, grâce à la forte dilution, ne nuit en rien à l’appré¬ ciation de la réaction finale.
B. — Méthodes directes après élimination des substances organiques.
Les méthodes de ce groupe ont pour but de précipiter les chlorures avec l’azotate d’argent et de déduire directement la quantité de ces sels du volume de réactif employé. Le terme de la réaction est indiqué par la formation du chromate d’argent rouge qui prend naissance aux dépens d’une petite quan-
niques par le permanganate de potasse.
Les réactifs nécessaires sont :
а) Solution alcoolique de phénolphtaléine à 1 p. 100 ;
б) Acide phosphorique à 1/10 ;
c) Permanganate de potasse à 3 p. 100 :
d) Azotate de calcium à 1/10 ;
e) Chromate de potasse en solution aqueuse saturée ;
f) Azotate d’argent îf/10.
Quant au mode opératoire, voici celui de l’auteur textuellement reproduit : On met dans une capsule de porcelaine llcc,5 d’urine et 1 à 2 gouttes de phtaiéine. Si le mélange rougit, on y ajoute goutte à goutte de l’acide sulfurique ou mieux pbospborique à 1/10 jusqu’à disparition de la teinte. Que cette opération ait ou non été rendue nécessaire, on ajoute une pro¬ portion de permanganate de potassium à 3 p. 100 qui varie de 5 centi¬ mètres cubes pour les urines dont la densité est inférieure à 1.020, à 10, et
NORMALES ET PATHOLOGIQUES
HilililffllIIHlI
LOGIQUES
PATHOLOGIQUES évapore à sec, calcine et ter-
. Dès lors la quantité de créatinine en milligrammes contenue dans 10 centi¬ mètres cubes d’uriné sera donnée par le rapport 8 et, en multipliai
0“,02 d’azote et dégagent environ 16 centimètres cubes de ce gaz sous l'in¬ fluence de l’hypobromite de soude d’après l’équation :
L’opération se fait comme pour le dosage de l’urée, une fois avec la solu¬ tion-étalon et une fois avec le liquide à titrer.
Bans l’éprouvette gazométrique, on verse 10 centimètres cubes d’hypo- bromite et dans le petit tube 10 centimètres cubes de liquide ammoniacal ; on bouche l’appareil et, en le renversant, on provoque le dégagement gazeux. Avant chaque lecture, on attend 1 ou 2 minutes que le tout se soit mis eu équilibre de température. Soit V centimètres cubes, le volume d’azote fourni
fl! Et!
Pour les premières, il faut diminuer la quantité B de la dose de glucose G multipliée par 0,4. On obtient ainsi une nouvelle valeur :
avec laquelle on effectue les calculs.
Pour les urines contenant- plus d’un gramme d’albumine, U nueir B de la dose d’albumine, a multipliée par 0;325 ; on a alors :
Bous verrons plus loin tout le parti qu’on peut tirer des trois rapports déjà signalés et occupons-nous d’abord de la façon pratique,. de les obte-
ÉTUDE DES URINES NORMALES ET PATHOLOGIQUES
Beaucoup de ces malades sont au contraire hypoacides, il est alors nécessaire de leur administrer des acides.
Là encore, Jouiæ a indiqué la marché à suivie ; ü conseille, en effet, de s’adresser à l’acide phosphorique lui-même et à ses sels acides, pour le traite¬ ment de l’hypoacidité et de l’hypophosphatie avérées.
COMPOSITION DE L'URINE NORMALE
Maintenant qu’on a vu comment on pouvait déterminer la plupart des constituants normaux de l’urine, il reste à indiquer la composition normale de cette dernière. Ici se pose un problème hérissé de difficultés telles qu’il est resté et restera probablement toujours sans solution pleinement satis-
II est, en effet, bien connu de tous qu’il n’existe pas d’urine normale type à proprement parler, mats qu’il y a pour ainsi dire autant d’urines normales que d’individus considérés. Si tout le monde est d’accord pour convenir que l’urine normale doit être jaune ambré, limpide, sans dépôt, fluide et sans odeur désagréable, l’accord se fait moins facilement en ce qui concerne sa
sont susceptibles d’influer sur la composition de l’urine pour qu’il soit pos¬ sible d’en fixer un type unique pouvant servir de terme de comparaison d’une façon définitive.
PATHOLOGIQUE
L’hypophosphaturie se voit au contraire dans les dernières périodes de la tuberculose, dans certaines néphrites, dans la cirrhose atrophique.
A ces principaux rapports utiles à connaître, il importe d’ajouter ce qu’on pourrait appeler les rapports cryoscopiques qui rendent parfois des services
On a vu que le point de congélation A de l’urine, généralement compris entre — 1°3 et — 2<>2, était proportionnel à la concentration moléculaire de l’urine, quelle que soit la nature des molécules dissoutes. Mais cette donnée, envisagée seule, ne constitue, comme la densité, qu’une indication générale. Les auteurs qui l’ont étudiée ont su en tirer davantage.
a) Poids de la molécule élaborée moyenne. — H existe une relation qni, étant donné le poids P p. 100 d’un composé dissous et le point de congélation A de sa solution, permet de connaître le poids moléculaire de ce composé. Cette relation est la suivante :
LOGIQUES
coulera de l’raiue, ou a appris à caractériser ces différents composés.
Le. chloroforme a aussi la propriété de réduire la liqueur de Fehiing, c’est pourquoi on doit le proscrire pour la conservation de l’urine destinée à l’analyse.
Quoi qu’il en soit, une réaction positive obtenue avec le réactif eupro- potassique permet de conclure à la présence d’un sucre réducteur et rien de plus. Si on veut savoir le nom de ce dernier, c’est alors qu’on doit recourir à la phénylbydrazine.
b) Emploi de la pTmylliydmzine. — Sous l’action de la phénylhydrazinè, les sucres réducteurs, c’est-à-dire les sucres à fonction aldéhydique ou eéto* nique, ont la propriété de fournir des composés insolubles, cristallisés, jaunes, appelés osazones. Si nous prenons un sucre en C‘ comme exemple, l’osazone
156 ÉTUDE DÉS URINÉS NORMALES ET PATHOLOGIQUES
Cependant, il est en effet des cas où, en se mettant dans les meilleures condi¬ tions possibles, il est très difficile de saisir la fin de la réduction de la liqueur eiipro-tartrique. C’est ce qui arrive avec certaines urines de diabétiques, pauvres en glucoses et relativement riches en principes créatiniques. ’ Parmi les procédés proposés pour remédier à cet inconvénient-, celui dé Catjssb, réglementé par Bohnans sous l’inspiration de Dekigès, est certai¬ nement le plus recommandable ; c’est lui qui a été adopté au V« Congrès de
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procédé
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LOGIQUES
A défaut de pots
l pourrait utiliser la formule suivante :
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ÉTUDE DES URINES NORMALES ET PATHOLOGIQUES
mann à la recherche de la tuberculose urinaire. Cette méthode due à Debré et Paraf consiste à rechercher non plus la présence d’anticorps, mais, au con¬ traire, celle d’un antigène spécifique qui existerait dans l’urine en pareille circonstance. Voici, textuellement reproduite, la technique des auteurs d’après les Annales des voies urinaires :
La réaction proprement dite est précédée de manœuvres préliminaires indispensables.
ments qui entreront en jeu dans cette réaction.
1° Sérum hémolytique anti-mouton ( ou anti-humain). — Il se préparera plusieurs semaines auparavant, par injections successives de globules de mouton à un lapin. On injectera à des intervalles de huit jours, 10 à 15 centi¬ mètres cubes de globules de mouton recueillis aseptiquement, bien lavés et défibrinés. Il sera bon de préparer deux lapins. Au bout d’un mois, le sérum du lapin recueilli par saignées dans la carotide sera hémolytique et prêt à servir. Il sera centrifugé avec soin et ensuite chauffé plusieurs fois à 56° pour le débarrasser de l’alexine qu’il contient.
On le titrera une fois pour toutes, en mettant des taux variables de 0,1, 0,2, 0,3, etc. En présence d’alexine et d’une émulsion de globules, le tube où l’hémolyse est franche et nette contient la bonne dose à employer. Il est d’ailleurs facile actuellement de se procurer un tel sérum tout fabriqué et tout titré dans le commerce.
Acheté ou fabriqué personnellement, ce sérum anti-hémolytique sera conservé dans des tubes scellés.
2o Globules de mouton. — On les enverra chercher aux abattoirs dans des flacons stériles. On les lavera soigneusement en en mettant une petite quan¬ tité avec de l’eau physiologique, dans un tube à centrifuger. On agitera et on fera centrifuger à nouveau. Au bout de trois centrifugations généralement, l’eau qui surnage est absolument claire, et les globules prêts à être employés. On les diluera au 20e (1 centimètre cube pour 20 centimètres cubes d’eau physiologique) et on emploiera 1 centimètre cube de cette dilution.
Les globules peuvent se conserver intacts à la glacière pendant un jour
CHAPITRE II
TOXICITÉ ET SEPTICITÉ URINAIRES
Ch. ACHARD et G. PAISSEAU
TOXICITÉ URINAIRE
C’est une notion aujourd’hui classique que l’organisme est, à l’état physio¬ logique, un réceptacle et un laboratoire de poisons ; il existe constamment une menace d’intoxication, conséquence obligée des phénomènes biologiques
production de déchets plus ou moins toxiques.
Il faut encore compter avec les poisons introduits dans l’organisme : l’alimen¬ tation normale s’accompagne nécessairement de l’introduction d’une impor¬ tante quantité de produits, nuisibles et certains états pathologiques peuvent être dus à l’introduction de poisons exogènes. D’ailleurs, même en dehors des intoxications vraies, on peut dire que presque tous les états morbides sont plus ou moins fonction d’intoxication : intoxication par des poisons fabriqués par l’organisme lui-même en raison des déviations de la nutrition dont tout état pathologique s’accompagne presque nécessairement, intoxication par les produits microbiens ou par les cellules de l’organisme troublées dans leur fonctionnement sous l’influence des germes pathogènes : l’état infectieux est, pour une part plus ou moins grande, un état toxique.
La résistance à l’intoxication, que comporte le maintien' de l’équilibre physiologique de l’organisme ou sa défense contre les agressions dont il est l’objet, est réalisée par des processus divers.
. Une partie de ces poisons est neutralisée dans l’organisme lui-même ; le foie est, à èe point de vue, un des principaux organes de défense.
Mais, normalement, un des principaux moyens de défense réside dans les processus constants d’élimination dont sont chargés les différents appareils d’émonetion : le rôle des poumons, de la peau, du tube digestif n’est pas négli¬ geable. mais celui de l’appareil urinaire est de beaucoup prépondérant.
Le rein est, en effet, Pémonetoire par excellence de l’organisme, c’est lui
Ülll
distillée
toxicité urinaire sa théorie plus eomprehensive de Fui multiple qui s’est substituée aux anciennes théories un Ces conceptions ont été grandement précisées dep perméabilité rénale, par celles du mécanisme régulateu
S’il en est de même an point de vue expérimental, cela se peut expliquer par le défaut de précision scientifique de la méthode ; on a vu en effet qu’il n’a été répondu que d’une façon très insuffisante aux objections qui lui ont été faites, et que les procédés de correction proposés se sont montrés impùis-
divers, des renseignements intéressants, applicables selon 1 logie générale, à la physiologie, à la physiologie pathologiqi tique et à la clinique.
— OSMONOCIVITÉ
le NaCl.
H s’opère ainsi, comme l’un de nous l’a montré: avec G-atllaud une ti dance à la régulation non seulement de la concentration moléculaire mais au delà composition chimique. C’est-à-dire que l’organisme tend consta
as perdre de vue dans les applications qui ont été laites de s aux phénomènes biologiques.
stj malgré les incertitudes de ce problème, il a suscité de non ss sur la pression osmotique des différents liquides, comme
ï. — APPLICATIONS PATHOLOGIQUJ
Cryoscopie urinaire. — Nous signalons seulen Claude et Balthazakd, qui, à la suite des travaux de Bousquet, Léon Bernard, a essayé de fournir un pro renseignements fournis par l’exploration cryoscopie
0SM0N0CIV1TÉ OBEJAIBE
constituent les substances que Gbyus a désignées sous le nom de substances pénétrantes, mais leur action est différente. ■ Les premières agissent à U manière de Veau distillée; les solutions d’urée, comme on l’a tu, quelle que soit leur concentration moléculaire, provoquent l’hémolyse (Geyns) : si on
ajoute à ces solutions des doses croissantes de ïTaCl, il vient un moment
où les globules ne s’y détruisent plus, on constate alors que la solution est
isotonique: l’urée se comporte donc exactement comme l’eau distillée qui, elle aussi, est neutralisée par l’action du chlorure.
H résulte de recherches faites par l’un de nous avec L. Bamond, que
cette propriété de l’urée, de ne pas exercer d’action osmotique et de ne
pas s’opposer à l’effet cytolytique des liquides hypotoniques, ne s’étend pas à d’autres corps très voisins, tels que les urées composées. Si l’on ajoute à une solution chlorurée hypotonique et hémolytique de la méthylurée, l’hé¬ molyse est empêchée à un certain taux de concentration. H en est de même pour la suif o -urée. La eréatine protège même les globules rouges contre l’hémolyse.
Les substances , pénétrantes de la seconde catégorie, plus toxiques que l’eau distillée, sont capables de détruire les globules rouges par leur nocivité propre, même en solutions salées isotoniques, indépendamment, par consé¬ quent, de toute action osmonocive : ce sont les substances globulicides
Le mécanisme de la destruction de l’hématie est encore fort obscur, il serait expliqué, d’après ÏTole, par une perméabilisation du stroma du glo¬ bule ; cette action globulicide, plus meurtrière que celle de l’eau distillée, peut ne pas se limiter à la sortie de l’hémoglobine, mais aboutir encore, après un temps plus ou moins long, à la destruction même du stroma dont les molé¬ cules se désagrègent et qui disparaît.
C’est dans ces conditions que peut s’exercer l’action hémolysante de l’urine.
1° Action osmonocive. — Le point de congélation habituel de l’urine normale en fait un liquide hypertonique par rapport au sérum sanguin. H en résulte que les globules rouges placés dans cette urine, loin de s’y gonfler et de s’y détruire, y sont au contraire ratatinés, conservent leur hémoglobine et prennent l’aspect en boule épineuse bien connu depuis longtemps des élimeiens qui ont examiné au microscope des urines hématu-
II en va tout autrement lorsque l’urine cesse d’être hypertonique pour devenir hypotonique, comme cela peut se produire dans les dilutions dues aux régimes, le régime lacté par exemple, à l’absorption de grandes quantités de liquide, ou à l’occasion de modifications dues à des maladies.
Dans ces conditions, l’urine devient un liquide nuisible pour le globule par défaut d’isotonie. Bile agit à la manière de l’eau distillée, et le globule, après s’y être gonflé, édate par pression osmotique s’exerçant de dedans
En outre, l’urine contient toujours de l’urée en quantité très variable et le A d’une urine n’est que l’expression totalisée de l’abaissement partiel du point de congélation dû à chaque composant pris isolément. Il en résulte que dans
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Ces épreuves permettent parfois d’admettre l’origine urinaire d’une hémo¬ globinurie. Il semble d’ailleurs que les bémoglobinuries urinaires soient moins rares qu’on ne l’aurait pu croire tout d’abord; c’est ce que tendent à démontrer des faits d’observation toute récente : l’un de nous a rapporté en effet, avec Saint-Girons, deux cas d’bémoglobinurie urinaire dans la fièvre typhoïde et dans la fièvre bilieuse hémoglobinurique.
Ce qui caractérisait l’hématurie du malade typhique c’était la très grande prédominance de l’hémoglobinurie sur l’hématurie, à tel point que les urines étaient, à un certain moment, presque purement hémoglobinuriques, l’hémo¬ globine non dissoute dans les urines étant en proportion de 10 à 82 fois moindre que l’hémoglobine dissoute, à différentes phases de l’hémorragie ; c’est seulement dans les dernières heures de la vie du malade que l’hémo¬ globine dissoute disparut de l’urine et que l’hématurie devint pure.
La seconde observation montre que dans la fièvre bilieuse hémoglobinu¬ rique, l’hémoglobinurie peut être attribuée à une hémolyse intra-urinaire ou intra-rénale.
Un certain nombre d’arguments permettent, en effet, de démontrer la réalité de cette transformation d’une hématurie en hémoglobinurie.
Ce sont : l’absence de pouvoir hémolytique du sérum, le défaut de laquage du sérum et surtout du plasma, l’absence de fragilité globulaire, qui ne permettent pas de songer à une hémolyse préalable effectuée dans les vais-
globules rouges encore pourvus de matière colorante indiquera non pas que nette urine n’a pas été hémolysante,mais seulement que son pouvoir hémo¬ lytique est épuisé.
Même lorsque l’urine est :trop rouge pour que l’on puisse rechercher ses propriétés hémolytiques, on peut constater que le passage des globules rouges dans les voies urinaires a diminué leur résistance : l’épreuve de la fragilité globulaire des hématies contenues dans l’urine comparée à celle des
; jrigore,
Armer l’étude de leurs propriétés pathogènes : variabilité de la virulence, exaltation de cette virulence par passage dans le bouillon de culture acide,
dans lebassinet suivie de ligature de l’uretère.
La recherche des effets pathogènes, de même que l’étude morphologique et
tielle entre ces deux espèces et permettait d’admettre leur identité complète.
D’ailleurs, il semble bien, comme l’un de nous l’a encore montré avec J. BE5ÎAXJX.T que, sous le nom de bactérie pyogène, on avait décrit plusieurs
lui !
de septicité urinaire proprement dite.
IL — MÉCANISME DE LA SEPTICITÉ URINAIRE
Physiologie pathologique de la septicité urinaire. — La septicité uri¬ naire, quelle qu’en soit la cause, peut être monomicrobienne ou polymiero- bierme. Elle peut avoir pour origine le rein, l’uretère, la vessie, ou enfin l’urètre; l’infection de ce dernier est un point de départ fréquent, tout au moins au début des maladies vénériennes proprement dites. Quelle que soit la locali-
multiplication, de sa mobilité, de sa grande innocuité pour la muqueuse des voies urinaires, il n’attaque pas plus le parenchyme rénal que la vessie, détermine seulement la bactériurie, la pyélite et rarement la cystite : quand on le trouve accompagné d’autres germes, ce sont ces derniers qui sont pathogènes ; quand ü n’existe que du coli, on ne doit pas pour cette simple raison lui faire jouer un rôle dominant car, par sa grande facilité de repro¬ duction, il détruit ou élimine les véritables pathogènes.
Complétant ses idées, Bovsxng avait divisé les cystites en trois classes :
non pathogènes, la cystite suppurative ammoniacale due à l’action de microbes ammoniogènes et pyogènes, enfin la cystite suppurative acide dont l’infection par le bacille de Koch est le type.
Infection par contiguïté. — Les infections des vésicules séminales , de la prostate, peuvent atteindre la vessie, soit directement, soit par l’intermédiaire des canaux excréteurs ; il en est de même pour les lésions urétérales, pour l 'intestin dans les cas de fistules, pour le péritoine.
Infection vasculaire. — La possibilité de l’infection de la vessie par son appareil' vasculaire, d’ailleurs peu développé, a prêté à de longues discussions.
part de ces caractères n’ont aucune valeur absolue, mais quand ils sont en concordance on peut leur attribuer une signification sérieuse, que devra toujours néanmoins préciser l’examen clinique.
qui s’y développent ne sont pas sans modifier profondément la constitution urinaire et ce trouble peut se traduire par une conséquence importante qui est la lithiase alcaline.
Lithiase alcaline. — La lithiase alcaline peut être primitive, mais dans la grande majorité des cas elle apparaît comme un effet de la septicité urinaire.
La lithiase alcaline secondaire est caractérisée par la présence de calculs 'phos'p'hatiques dont les concrétions irrégulières et friables sont presque entière¬ ment formées de phosphates et de carbonates, phosphate et carbonate de
La précipitation des sels de chaux de l’urine, qui conditionne la forma¬ tion de ces calculs, se produit lorsque l’urine devient alcaline par décompo-
SEPTICITÉ URINAIRE
quences, nous tériuries ébert l’intérêt partie
Historique,
pathogénique, :
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l’albnmimme était beaucoup moins fréquente que la bactériurie, il pensait à la possibilité de lésions parcellaires n’équivalant nullement à une néphrite aiguë.
Les travaux ultérieurs ont, comme nous l’avons vu, corroboré cette manière
3° Examen direct- — Avant de procéder à la recherche du bacille, on doit chercher à collecter les microbes, soit par centrifngation, soit par une sorte de collage pour lequel on a employé l'albumine d’œuf (Vos) ou le plasma salé
■ Quelle que soit la méthode employée, l’urine donne un dépôt plus ou moins abondant qui gêne considérablement l’examen ; on a proposé de dissoudre les sels en diluant le culot dans de Peau distillée, mais ce procédé peut dimi¬ nuer le nombre des bacilles.
Dans ces derniers temps, on a eu recours à des procédés basés sur les propriétés que possèdent certaines substances de dissoudre tous les corps organiques à l’exception des bacilles acido-résistants. Au sue digestif artificiel de Jodsset, à la méthode d’homogénéisation de Besançon et Phhebeet, on a proposé de substituer 1 ’anüformine (mélange d’eau de Javel et d’une solution concentrée de soude caustique) préconisée par tTHLENmjT. La technique employée consiste à traiter le dépôt centrifugé de l’urine par une
gène ; le mélange est ensuite énergiquement centrifugé et on se sert, pour faire la préparation, de ce dépôt lavé à plusieurs reprises avec une solution salée physiologique. Ce procédé est malheureusement long et compliqué.
ÉLIMINATIONS BACTÉRIENNES. BACTÉR1URIES SECONDAIRES 909
Valeur séméiologique de la bacillurie tuberculeuse. — En l’état actuel de la question, l’on peut admettre la réalité de l’existence d’une bacil- lorie tuberculeuse chez les tuberculeux pulmonaires, mais sa valeur séméio¬